JOUR 12 : UN OUTIL POUR MIEUX COMMUNIQUER
Un serviteur de Dieu en congé missionnaire, devait, après trois ans d’absence, prendre la parole dans la communauté qui l’avait envoyé. Le pasteur lui communiqua trois questions par téléphone; elles lui seraient posées publiquement lors de la rencontre du mercredi suivant. Quinze minutes lui étaient accordées pour répondre à chacune d’elles. Les voici:
– Quel a été le moment le plus difficile que tu as traversé, et que tu désirerais nous partager pour que nous puissions te comprendre en tant que famille spirituelle?
– Quelle a été la plus grande joie de ton ministère, ces trois dernières années?
– Quel est ton « rêve » quand à ton prochain séjour sur le champ missionnaire?
A la fin de la rencontre, cet homme pleurait… » De toute ma vie, dit-il, jamais je n’ai eu l’occasion comme ce soir, de réellement partager avec mon coeur. Je sais maintenant que vous avez compris mon travail, je me sens « un » avec vous, et prêt à repartir! »
POSER DE BONNES QUESTIONS: A LA PORTEE DE CHACUN
Apprendre à poser des questions, et de bonnes questions, est si fondamental dans la communication, et particulièrement dans l’évangélisation, que nous allons y consacrer un chapitre entier. Il n’est que peu de matières si facile à apprendre, et à expérimenter sur-le-champ. Voici comment je l’ai découvert:
Je suivais avec une cinquantaine d’étudiants, dont plusieurs familles, une école de responsable à Amsterdam. Au bout de deux mois de vie communautaire, je n’avais pas réussi à établir le contact avec tout le monde, et encore moins avec les quelques enfants présents. En guise d’explication, on aurait pu invoquer le nombre de participants qui s’entrecroisent comme dans une ruche bourdonnante; pourtant, en ce qui me concerne, c’était plutôt mon incapacité à communiquer de manière adéquate avec les enfants qui était en cause.
Voici le genre de questions que je leur posais: « Alors, c’était bien à l’école ce matin? » « Elle est gentille ta maîtresse? », « Tu te plais dans cette nouvelle école? »
Les réponses données selon les cas: « Oui, ça va! », ou « non! », aboutissaient invariablement au même résultat: la conversation, donc la relation, s’arrêtait là…
Un matin, Bible à l’appui, un spécialiste en management et communication nous enseigna à poser de bonnes questions. Ce cours fut décisif, et je décidai de le mettre en pratique sans tarder! C’est ainsi que dans la file d’attente du self-service, je demandai à une fillette de neuf ans: « Quelle a été ta leçon préférée ce matin? » J’eus alors droit à une explication complète, qui se poursuivit durant tous le repas. Encore étonné mais réjoui, ce fut pourtant un véritable choc que je devais recevoir le lendemain quand, au détour d’un couloir, l’enfant m’aperçut et courut vers moi pour m’embrasser!
Avais-je reçu un cours sur la communication, ou sur le don de faire des miracles?!
QUELLE EST LA CLEF ?
Dans les efforts que je faisais pour comprendre, le Seigneur intervint en me posant, lui aussi, une bonne question:
-Quel message a-t-elle reçu au fond de son coeur quand tu lui as posé cette question?
Voici la liste qui me vint alors progressivement à l’esprit:
– Ma vie l’intéresse.
– Il a du temps pour moi.
– Il a quelque chose à apprendre de moi.
– Il a envie de mon amitié.
– Il est à l’aise avec moi.
– J’ai de la valeur…
Puissant message s’il en est, on le comprend! Soulignons qu’il n’est nullement nécessaire, pour la personne interrogée, de formuler ce qu’elle ressent; elle n’a pas besoin non plus de recevoir un enseignement particulier, peu importe son âge, son milieu, sa culture… Le message passe de coeur à coeur.
Qui d’entre nous n’as pas attendu longtemps et avec impatience une soirée avec tels ou tels amis, pour se retrouver, en fin de compte, avec ce sentiment mitigé, cette insatisfaction que vous laisse trop souvent une conversation superficielle? D’autres fois, c’est l’inverse qui se produit: une chaude communion a régné, et votre amitié s’en est trouvée approfondie…
Est-ce si mystérieux? Sommes-nous à ce point tributaires des circonstances? Permettez cette suggestion: on laisse trop facilement à l’improvisation du moment, ce qui pourrait se préparer et se méditer avec l’aide du Saint-Esprit.
Une bonne question, qui honore votre vis-à-vis en lui permettant de s’exprimer librement et profondément, peut radicalement transformer votre rencontre.
UN SPECIALISTE EN COMMUNICATION
Consultons notre expert en communication, Jésus lui-même qui, à table comme en chemin, dans une barque comme à la synagogue, en venait rapidement à l’essentiel par ses questions pertinentes. Je vous invite à les méditer quelques instants pour ensuite en découvrir, par vous-mêmes, les principes vivants:
1. M’aimes-tu? Jean 21:16
2. Qui dites-vous que je suis? Marc 8:29
3. Lequel des deux a fait la volonté du père? Matthieu 21:31
4. Lequel…te semble avoir été son prochain? Luc 10:36
5. Qu’est-il écrit dans notre loi? Luc 10:26
6. De qui porte-t-elle l’effigie Matthieu 22:20
7. Lequel est le plus facile à dire…? Marc 2:9
8. Le baptême de Jean, d’où venait-il? Matthieu 21:25
9. Qui de vous… même le jour du sabbat? Luc 14:5
10. Où sont ceux qui t’accusaient? Jean 8:10
11. Pourquoi m’appelles-tu le bon? Luc 18:19
12. Pourquoi as-tu douté? Matthieu 14:31
Cette liste, loin d’être exhaustive, nous permet cependant de souligner les caractéristiques essentielles des bonnes questions:
A) Les deux premières questions sont:
a. Très simples tout en étant très profondes. Un enfant de 4 ans les comprend; pourtant, elles laissent perplexes nombre de théologiens! Nos questions, à l’inverse, ont tendance à être compliquées et superficielles…
B) Par les trois questions suivantes Jésus va:
a. Susciter la réponse dans la bouche de celui qui demande! Les interrogations de ses interlocuteurs avaient porté sur l’obéissance, l’amour authentique et la vie éternelle. Avec un sens psychologique parfait, Jésus va enseigner en posant des questions à son tour. Il souligne ainsi qu’une bonne partie de la réponse est en fait déjà inscrite dans leur coeur. Soit dit en passant, Jésus nous enseigne aussi par là qu’il n’y a de véritable communication que si le principe peut être ré expliqué par le vis-à-vis.
C) Dans les questions six à neuf, Jésus interroge ses opposants: Elles sont formulées de telles façon qu’elles:
a. Exigent un temps de réflexion.
b. Exigent une prise de position.
c. Demandent une réponde précise.
d. Font découvrir un principe divin.
Nous somme parfois troublés, voire déroutés ou désécurisés si, une fois la question lancée, notre interlocuteur reste silencieux. C’est pourtant très souvent la preuve qu’elle est digne de réflexion.
En évangélisation, une question bien placée vaut parfois mieux que de longues palabres. Si, par exemple, un musulman demande combien de fois par jour un chrétien doit prier, il serait hors de propos de répondre par un nombre x ou y, car le christianisme serait alors perçu comme une religion de plus. Par contre lui demander, en guise de réponse, combien de fois par jour un fils doit parler à son père, amènera la conversation à un tout autre niveau: celui de la relation vivante que Dieu cherche avec tout homme, où la prière passe du monologue au dialogue… Il y aura ici, découverte d’un principe divin.
D) La question de Jésus à la femme adultère va, en quelque sorte, la « ressusciter ». Sa vie, logiquement, aurait dû s’achever misérablement sous les jets de pierres condamnée de Dieu et rejetée par son propre peuple. Il vaut la peine de souligner que Jésus ne l’a pas sauvée au mépris de la loi, mais parce qu’il était prêt à subir lui-même cette mort horrible à la place de cette femme. C’est à ce prix là qu’elle se releva pardonnée… Mais revenons à la question du Maître:
a. Elle va donner un tout nouvel éclairage à la situation. Une anecdote servira d’explication:
i. Une usine de fabrication de bouteilles était au bord de la faillite. Un expert fut sollicité dans une ultime démarche de redressement. Il demanda au PDG: « Que fabriquez-vous? » « Des bouteilles en verres, nous l’avons toujours fait… Mais maintenant nous ne sommes plus compétitifs, et je ne vois aucune issue. » « A quoi servent vos bouteilles? » « A contenir tout ce qu’on peut y mettre! » « Vous ne fabriquez donc pas des bouteilles en verre, mais des récipients! » fit finalement remarquer l’expert. Ce nouvel éclairage sauva l’entreprise: elle continua à fournir ses clients en… récipients, faits de matières nouvelles.
b. Parce que nous nous sommes habitués à nos « bouteilles en verre », il nous est naturellement difficile de nous adapter aux nouvelles situations. Une bonne question, sans pression ni manipulation, peut être l’un des plus beaux gestes d’amour qui soit à l’égard de son prochain.
E) Les deux dernières questions retenues commencent par un mot « dangereux », qu’il nous faut utiliser avec prudence: « Pourquoi? ».
a. Certes, il y a les « pourquoi » anodins des petits enfants: « Pourquoi les coquelicots sont-ils rouges? », « Pourquoi les nuages restent-ils accrochés au ciel? »
b. Il y a aussi les « pourquoi » de l’élève ou de l’apprenti qui cherche simplement à s’informer.
c. Mais en dehors de ces cas, il faut savoir y discerner une agressivité qui peut nous jouer des tours:
i. Pourquoi avez-vous garé votre voiture ici?
ii. Pourquoi as-tu de nouveau fait des carottes?
iii. Pourquoi as-tu répondu cela?
iv. Pourquoi êtes-vous revenus aujourd’hui?
d. Le « pourquoi suggère souvent le reproche, la remise en question, l’exhortation. A gérer donc en connaissance de cause.
F) Soulignons encore un principe commun à toutes les questions de Jésus:
a. Elles vont tout simplement inciter les gens à s’exprimer.
i. Comment dialoguer si une personne reste muette? Ceux qui travaillent à l’évangélisation reconnaîtront volontiers qu’un entretien dépend essentiellement, au départ, d’une disposition au dialogue. Celle-ci est souvent stimulée par l’attitude du chrétien, que nous étudierons ci-après, mais aussi par la qualité des questions posées.
1. Les mots lequel, que, qui, quand, de quoi, où, combien, fréquemment utilisés dans l’Evangile, lancent une question non-binaire, c’est-à-dire dont la réponse ne pourra pas être un simple oui ou non.
a. Que pensez-vous de ce spectacle?
b. Quelle soirée vous conviendrait le mieux?
c. Qui est le meilleur acteur selon vous?
ANALYSON QUELQUES MAUVAISES QUESTIONS
A) Par contraste, ces « mêmes » questions commençant pas « est-ce que » ou par un verbe provoquent, au départ, une réponse binaire et peuvent couper net une conversation potentielle:
a. Est-ce que ce spectacle vous a plu?
b. Voulez-vous nous accompagner à une soirée?
c. Avez-vous apprécié cet acteur?
B) Les questions binaires ne sont pas mauvaises en elles-mêmes et sont mêmes nécessaires à la conversation, une fois celle-ci entamée. Elles ne doivent cependant pas faire obstruction, ou remplacer les questions plus profondes. Elles doivent être choisies, plutôt que subies par manque d’imagination ou de créativité.
C) Poser deux questions à la fois engendre la confusion. La seconde est souvent le fruit de la déstabilisation causée par le silence qu’à rencontré la première; et c’est tellement dommage… Il nous faut avoir le courage de nos questions. Exemple:
a. Que pense-tu de mon intervention? Sans ajouter: « Préfères-tu en parler une autre fois? » Ou pire: « Pas fameux n’est-ce-pas? »
b. Combien veux-tu donner? Sans ajouter: « A moins que…? », « Evidemment si…? »
c. Comment envisagez-vous de…? Sans ajouter: « Ou bien…? », » Au fait…? »
D) Evitons les questions qui ne font que confirmer nos pensées:
a. N’est-ce pas que…?
b. J’avais pensée que… ?
E) Ou celles dans laquelle la réponse est carrément donnée:
a. Si je vous demande…? Vous me répondrez sans doute que…
F) Une question trop générale peut être blessante par le désintérêt qu’elle suggère, en particulier si la personne qui la pose tourne les talons avant que l’autre n’ait achevé sa première phrase!
a. Alors, l’année s’est bien passée? Tu vas bien j’espère?
Que faire quand justement une personne vous pose une question de ce genre, alors que vous auriez tant à dire?
Prenons l’exemple d’un voyage riche en expériences que vous venez de faire dans un pays de l’Est. Vous savez qu’au mieux vos voisins vous demanderont: « Alors, c’était bien la Hongrie? » Et ne vous accorderont que dix à quinze secondes d’attention…
Retenez, pendant le voyage, deux ou trois événements savoureux et typiques que vous serez capable de relater très brièvement…
Surpris par la qualité de votre information, votre interlocuteur, habituellement, poursuivra le dialogue.
Observons Jésus lorsqu’il est interrogé. Ses réponses aiguisent l’appétit de son interlocuteur. Je ne dis pas cela pour qu’on « force » les gens à nous écouter, ou pour que l’on devienne des discoureurs à tout vent, mais pour aider ceux qui souffrent de ne pouvoir partager avec d’autres des événements dignes de l’être.
Ces « bonnes réponses » sont également l’une des clefs essentielles de l’évangélisation.
G) Pour résumer les questions à éviter à tout prix, mentionnons celles qui comparent, rabaissent ou méprisent, celles qui sont indiscrètes, celles qui manipulent et coincent l’autre.
a. Serais-tu capable de t’en sortir aussi bien que…?
b. Connaissez-vous la propreté dans ce village?
c. Evidemment ce serait, je pense, trop vous demander de…?
d. Que vouliez-vous dire par « gêné »?
e. Qu’attends-tu donc pour faire ceci ou cela ?

Apprendre à poser des questions, et de bonnes questions, est si fondamental dans la communication, et particulièrement dans l’évangélisation,
Observons Jésus lorsqu’il est interrogé. Ses réponses aiguisent l’appétit de son interlocuteur.
Ces bonnes réponses sont l’une des clefs essentiels à l’evangelisation
La communication est un atout majeur dans l’évangélisation.
Pour cela il est plus que nécessaire de poser les bonnes questions et avoir les bonnes réponses
Une bonne question, sans pression ni manipulation, peut être l’un des plus beaux gestes d’amour qui soit à l’égard de son prochain.
Dans les efforts que je faisais pour comprendre, le Seigneur intervint en me posant, lui aussi, une bonne question:
-Quel message a-t-elle reçu au fond de son coeur quand tu lui as posé cette question?
Observons Jésus lorsqu’il est interrogé. Ses réponses aiguisés l’appétit de sons interlocuteur
Une bonne question,sans pression ni manipulation, peut être l’un des plus beaux gestes d’amour qui soit à l’ égard de son prochain.
Les interrogations de ses interlocuteurs avaient porté sur l’obéissance, l’amour authentique et la vie éternelle. Avec un sens psychologique parfait, Jésus va enseigner en posant des questions à son tour
En évangélisation,une question bien placée vaut parfois mieux que de longues palabres .
En évangélisation, une question bien placée vaut parfois mieux que de longues palabres.
Une bonne question,sans pression ni manipulation, peut être l’un des plus beaux gestes d’amour qui soit à l’ égard de son prochain.
Apprendre à poser des questions, et de bonnes questions, est si fondamental dans la communication, et particulièrement dans l’évangélisation, que nous allons y consacrer un chapitre entier.