JOUR 6 : FONDEMENTS BIBLIQUES (suite)
Bien que le ministère de chasser les démons soit exercé avec une autorité particulière par les apôtres, cela ne se limite pas à eux, de même que l’évangélisation ne leur est pas réservée. Luc rappelle que Jésus plus tard envoie un plus grand groupe de soixante-dix – présageant la part de tous les fidèles laïcs à la mission de l’Église. Il leur confie la même charge : « Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis […]. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” » Luc rapporte le succès de leur mission :
« Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : “Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom.” Jésus leur dit : “Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux”. »
La réponse de Jésus réaffirme l’autorité des disciples sur les puissances du mal, et leur protection de toutes représailles du démon. C’est en même temps un avertissement contre la tentation d’orgueil ou d’attention excessive accordée au domaine des esprits impurs. Leur autorité spirituelle est un don qu’ils ont reçu de lui et non quelque chose qu’ils posséderaient par eux-mêmes. Leur joie ne devrait pas résider dans leurs victoires sur l’ennemi, mais bien dans le fait qu’ils ont la vie éternelle en Dieu.
À la fin de l’évangile de Marc, le Seigneur Jésus ressuscité étend à tous les croyants l’autorité de guérir et de chasser les démons.
« Puis il leur dit : “Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien”. »
Désormais tous les croyants remplis de l’Esprit du Seigneur ressuscité sont dotés de la protection divine et d’une force surnaturelle pour accomplir leur mission de proclamer la Bonne Nouvelle en paroles et en actes.
Dans un épisode de l’Évangile, on découvre une personne qui ne fait pas partie de la bande des disciples en train de chasser les démons au nom de Jésus. Jean se plaint à Jésus en disant : « Nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » La réponse de Jésus conduit ses disciples à une approche plus large plutôt que restrictive envers d’autres qui agissent en son nom : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. » Les disciples ne doivent pas se permettre de restreindre l’invocation du nom de Jésus, « car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi. »
5. L’exorcisme dans l’Église apostolique
Les Actes des Apôtres décrivent la manière dont les premiers chrétiens, conduits par les apôtres, répondent fidèlement à l’appel que Jésus leur a adressé d’évangéliser. Au début des Actes, le Christ ressuscité donne à ses apôtres ses dernières instructions avant de monter au ciel : « Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Ce n’est que par la puissance de l’Esprit Saint qu’ils pourront évangéliser avec une efficacité divine, prêchant l’Évangile accompagné de signes et de prodiges qui vont convaincre ceux qui entendront la proclamation de la vérité. Après que l’Esprit Saint soit descendu sur eux le jour de la Pentecôte, les apôtres se mettent à prêcher avec la même audace et la même force surnaturelle qui ont caractérisé le ministère public de Jésus.
Parmi les actes de puissance accomplis par les apôtres – et plus tard par d’autres chrétiens – on trouve le fait de chasser les démons. « La foule accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris. » Quand le diacre Philippe évangélise en Samarie, ce sont ses guérisons et exorcismes qui touchent la foule et lui permettent de croire à l’Évangile. « Les foules, d’un même coeur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. » Même chose lorsque Paul prêche l’Évangile à Éphèse : « Par les mains de Paul, Dieu faisait des miracles peu ordinaires, à tel point que l’on prenait des linges ou des mouchoirs qui avaient touché sa peau, pour les appliquer sur les malades ; alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais sortaient. »
Le livre des Actes relate un exorcisme en détail. Alors que Paul et Silas évangélisent à Philippes, ils rencontrent « une jeune servante qui était possédée par un esprit de divination ; elle rapportait de gros bénéfices à ses maîtres par ses oracles ». Cette description soutient que les oracles (comme toutes les autres activités occultes) ne sont pas un passe-temps anodin, mais un engagement dangereux avec les esprits mauvais. Dans ce cas précis, la jeune fille possédée est exploitée par d’autres pour un gain financier. Elle suit Paul et ses compagnons en criant : « Ces hommes sont des serviteurs du Dieu Très-Haut ; ils vous annoncent le chemin du salut. » Son cri est correct au plan doctrinal, mais opère une distraction et devient un obstacle à l’oeuvre d’évangélisation. Paul n’agit pas immédiatement mais attend plusieurs jours, peut-être pour affiner son discernement. Enfin, excédé par l’entrave à sa mission et voyant que le maître de cette jeune fille l’exploite pour de l’argent, il « se retourna et dit à l’esprit : “Au nom de Jésus-Christ, je te l’ordonne : Sors !” Et à l’instant même il sortit ». De la même façon qu’ils étaient poussés à obéir à Jésus, les démons sont sans pouvoir devant la parole de commandement qui leur est adressée par un disciple en son nom.
Un autre épisode des Actes nous éclaire sur ce que signifie « agir au nom de Jésus ». À Éphèse, les miracles et exorcismes de Paul impressionnent tant que même quelques non chrétiens décident de l’imiter.
« Certains exorcistes juifs itinérants entreprirent de prononcer le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui étaient possédés par les esprits mauvais, en disant : “Je vous exorcise par ce Jésus que Paul proclame.” Les sept fils d’un certain Scéva, un grand prêtre juif, agissaient ainsi. Mais l’esprit mauvais leur répondit : “Jésus, je le connais ; Paul, je sais qui c’est ; mais vous, qui êtes-vous ?” Et, bondissant sur eux, l’homme en qui était l’esprit mauvais les maîtrisa tous avec une telle violence qu’ils s’enfuirent de la maison, tout nus et couverts de blessures. »
Cet épisode pose la question : pourquoi ces hommes endurent-ils une défaite humiliante alors que l’exorciste anonyme de l’Évangile est approuvé par Jésus ? La raison la plus vraisemblable est qu’il agit avec une foi authentique en Jésus, alors que les fils de Scéva se servent du nom de Jésus comme d’une formule magique. Agir au nom de Jésus n’est pas employer une formule mais agir sous sa seigneurie, son autorité déléguée. Les fils de Scéva n’avaient semble-t-il aucune relation avec « ce Jésus que Paul proclame » et n’agissaient pas en tout cas par obéissance. Jésus prévient dans son Sermon sur la Montagne :
« Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” »
Il est donc évident qu’il est possible d’accomplir des actes surnaturels au nom du Christ tout en étant sur la voie de la damnation.

Il est donc évident qu’il est possible d’accomplir des actes surnaturels au nom du Christ tout en étant sur la voie de la damnation.
Agir au nom de Jésus n’est pas employer une formule mais agir sous sa seigneurie, son autorité déléguée
Agir au nom de Jésus n’est pas employer une formule mais agir sous sa seigneurie, son autorité déléguée.
Il est donc évident qu’il est possible d’accomplir des actes surnaturels au nom du Christ tout en étant sur la voie de la damnation.
« Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” »