JOUR 5 : FONDEMENTS BIBLIQUES (suite)
Les exorcismes en réponse à la supplication de parents
Deux des exorcismes rapportés dans les évangiles ont été effectués en réponse à la supplication d’un parent désespéré.
La femme cananéenne qui supplie Jésus de guérir sa fille tourmentée par un démon fait partie des Gentils et est par conséquent exclue de l’alliance. Bien que Jésus commence par la repousser – « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens » – la femme ne se décourage pas et continue de supplier pour sa fille. Sa réponse manifeste à la fois son humilité et son audace : « Oui Seigneur, mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Plutôt que d’être contrarié par son audace, Jésus est ravi. « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux. » Cet épisode illustre l’efficacité d’une prière de foi persistante. Il manifeste aussi que Jésus n’a pas besoin d’être présent physiquement pour exercer sa puissance de libération.
Le deuxième cas est celui du père qui supplie pour son fils épileptique. Le récit de l’évangéliste semble indiquer un mélange d’oppression démoniaque et de maladie mentale ou neurologique. Jésus demande au père, peut-être pour discerner le pourquoi de l’affliction par des esprits mauvais : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » La réponse du père indique que c’est depuis la petite enfance. Jésus menaça l’« esprit qui rend muet et sourd », qui faisait que le jeune garçon ne pouvait ni parler ni entendre. Et parce que l’affliction était récurrente, dans ce cas précis Jésus commande au démon non seulement de sortir de l’enfant mais aussi de ne plus y entrer. Et comme c’est souvent le cas dans les exorcismes opérés par Jésus, l’esprit sort, en poussant des cris et provoquant des convulsions chez l’enfant. Mais c’est sans effet devant le commandement du Seigneur.
L’épisode s’achève sur une leçon importante donnée aux disciples. Ils n’avaient pas pu chasser l’esprit par eux-mêmes. Après coup ils demandent à Jésus en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Dans la version de Marc, Jésus répond : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir sinon la prière. » Dans celle de Matthieu sa réponse est : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “transporte-toi d’ici jusque là-bas et elle se transportera, rien ne vous sera impossible” . » Il semble qu’il y ait deux réponses tout à fait différentes, mais en réalité ce n’est pas le cas. Jésus signifie que ce jeune garçon était affligé d’un démon particulièrement puissant ou inébranlable, contre lequel il fallait opposer une grande foi. La foi se fortifie dans la prière et la prière à son tour est fortifiée par le jeûne, ce qui permet aux disciples du Christ de se débarrasser de leur indépendance, de leur attachement aux biens de la terre, et à tout ce qui affaiblit leur autorité spirituelle en Christ.
Les exorcismes en lien avec la guérison
En différentes occasions, les évangiles attribuent une maladie physique à une cause démoniaque. Après avoir guéri la femme courbée, Jésus la décrit comme « une fille d’Abraham que Satan avait liée voici dix-huit ans ». Les évangiles rapportent la guérison d’un « muet possédé » c’est-à-dire dont l’impossibilité à parler était causée par un esprit et un « possédé aveugle et muet », quelqu’un dont le double handicap avait une origine démoniaque. Comme nous l’avons dit plus haut, le garçon épileptique semble avoir souffert à la fois d’une maladie neurologique ou mentale et d’une affliction démoniaque.
En d’autres cas, on semble suggérer une influence d’un esprit impur mais sans attribution définie. Jésus « menaça » la fièvre dont la belle-mère de Pierre était atteinte, et le même verbe est employé pour chasser des démons, ce qui semble signifier qu’un esprit mauvais était la cause de la fièvre ou y avait contribué. Le même mot « chasser » est de nouveau utilisé lorsque Jésus calme la tempête, suggérant que les forces démoniaques sont en quelque sorte à l’origine de la tempête qui menace de les détourner, lui et ses disciples, de leur mission. Ces passages de l’Évangile suggèrent que la prudence est garantie vu la distinction aiguë faite parfois aujourd’hui entre une affliction par des esprits mauvais et une affliction due à des causes simplement naturelles. Les évangélistes affirment que les mauvais esprits peuvent contribuer, mais jamais dans tous les cas, à des infirmités ou des maladies. Il n’y a aucune base fondant l’affirmation que les auteurs de la Bible n’étaient pas capables de distinguer entre une affliction démoniaque et une maladie mentale ou physique. Jésus a guéri des muets, sourds et aveugles sans qu’aucune cause démoniaque ait été avancée. La majorité des guérisons opérées par le Christ ne font aucune allusion à la présence de mauvais esprits. Les évangiles mentionnent fréquemment les exorcismes de Jésus en les distinguant de ses guérisons.
4. L’exorcisme dans la mission des disciples
Au cours de sa vie publique, Jésus choisit douze apôtres et les envoie pour qu’ils aient part à sa mission de salut. Il est significatif de voir que la première tâche qu’il leur confie, c’est de chasser les démons : « Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. » Cet envoi indique que les apôtres (et plus tard, leurs successeurs les évêques) ont part de façon unique à l’autorité de Jésus pour triompher des maux qui affligent la vie humaine. De la même façon, ils ont une responsabilité unique d’exercer ce pouvoir de guérison sur les malades, les personnes sous emprise d’esprits mauvais, ceux qui sont possédés par les démons.
Jésus envoie ses apôtres avec cette charge : « Sur votre route, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. » Comme dans son propre ministère, il faut proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume non seulement en paroles mais aussi en actes de puissance pour prouver la vérité de ces paroles.
La prédication de l’Évangile, lorsqu’elle est reçue avec foi, porte en elle un pouvoir divin d’accomplir ce qu’elle annonce : le salut du péché et de Satan, la réconciliation avec Dieu, la vie éternelle. La délivrance des démons fait donc partie intrinsèque de l’évangélisation.
La version de Marc dans l’envoi des douze insiste sur le lien étroit entre la délivrance des démons et la repentance du péché. « Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons… » Ce n’est qu’en se détournant du péché, en se repentant sincèrement que le peuple pourra faire l’expérience d’une vraie libération spirituelle, étant donné que c’est essentiellement grâce au péché que les démons peuvent prendre pied dans la vie des hommes. La délivrance sans la repentance ne peut être que temporaire et en fin de compte illusoire.

Comme dans son propre ministère, il faut proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume non seulement en paroles mais aussi en actes de puissance pour prouver la vérité de ces paroles.
Ce n’est qu’en se détournant du péché, en se repentant sincèrement que le peuple pourra faire l’expérience d’une vraie libération spirituelle, étant donné que c’est essentiellement grâce au péché que les démons peuvent prendre pied dans la vie des hommes. La délivrance sans la repentance ne peut être que temporaire et en fin de compte illusoire.
La délivrance sans la repentance ne peut être que temporaire et en fin de compte illusoire.
La délivrance des démons fait donc partie intrinsèque de l’évangélisation.
Les évangélistes affirment que les mauvais esprits peuvent contribuer, mais jamais dans tous les cas, à des infirmités ou des maladies.
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.