JOUR 24 : LES DONS DE PAROLE (suite)
Discerner la prophétie et d’autres dons
Paul enseigne que l’exercice des dons prophétiques doit être discerné : « Quant aux prophètes, que deux ou trois prennent la parole et que les autres exercent le discernement. » Le fait qu’un prophète soit inspiré par Dieu ne signifie pas qu’il ou elle est infaillible. Même si une parole vient de Dieu, elle vient par l’intermédiaire du prophète et peut donc être influencée par la pensée humaine ou une interprétation humaine.
L’Écriture contient aussi de nombreux avertissements contre les faux prophètes. Jésus a dit : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans, ce sont des loups voraces. » Et il ajoute plus tard : « Il surgira des faux messies et des faux prophètes, ils produiront des signes grandioses et des prodiges, au point d’égarer, si c’était possible, même les élus. Voilà : je vous l’ai dit à l’avance. »
Vous trouverez ci-dessous quelques critères bibliques de base pour discerner la prophétie, qui peuvent aussi s’appliquer à l’exercice d’autres dons spirituels.
1.Le test de la vérité
La prophétie et tous les dons qui impliquent une révélation doivent être totalement en accord avec la vérité, étant donné que le Saint-Esprit ne peut se contredire lui-même. Ce qui signifie qu’on doit examiner les prophéties pour discerner si elles sont conformes à l’Écriture et, pour les catholiques, à l’enseignement de l’Église.
« Frères, au sujet des dons spirituels, je ne veux pas vous laisser dans l’ignorance. Vous le savez bien : quand vous étiez païens, vous étiez entraînés sans contrôle vers les idoles muettes. C’est pourquoi je vous le rappelle : si quelqu’un parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, il ne dira jamais : “Jésus est anathème” ; et personne n’est capable de dire : “Jésus est Seigneur” sinon dans l’Esprit Saint. »
Paul ici donne une règle de discernement toute simple : peu importe que la personne semble inspirée, si elle dit quelque chose qui est faux ou contraire à la foi chrétienne, cela ne vient pas du Saint-Esprit. La première et la deuxième lettre de Jean proposent un test doctrinal du même genre :
« Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde. Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu. Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu : c’est l’esprit de l’anti-Christ, dont on vous a annoncé la venue et qui, dès maintenant, est déjà dans le monde. »
« Beaucoup d’imposteurs se sont répandus dans le monde, ils refusent de proclamer que Jésus Christ est venu dans la chair ; celui qui agit ainsi est l’imposteur et l’anti-Christ. »
L’Écriture nous enseigne que Dieu a créé toutes choses bonnes, y compris le monde matériel. Mais, dans l’ancien monde, des opinions philosophiques répandues ont dénigré ce monde matériel et considéré le corps comme étant indigne ou même mauvais. C’est
la raison pour laquelle certains chrétiens étaient tentés de nier la réalité de l’incarnation du Christ. Mais Jean fait de cette réalité la pierre angulaire de la foi chrétienne, et donc un test doctrinal de base de la prophétie.
2.Le test de l’amour
Toute prophétie authentique contribue à édifier le peuple dans l’amour. Paul souligne ce critère primordial dans son chapitre sur l’amour dans la lettre aux Corinthiens qui est au centre même de son enseignement sur les dons spirituels aux chapitres 12 à 14 :
« J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. »
La déclaration de Paul est nette : la prophétie ou tout charisme, quel qu’il soit, ne vaut absolument rien sans l’amour.
Le test de l’amour ne signifie pas que toute prophétie parlera de réconfort ou sera positive. Les vraies prophéties ne sont pas toujours des messages optimistes. Certaines appelleront à la repentance ou avertiront du jugement. Une prophétie apportant une certitude ou un avertissement ne devrait cependant jamais être un jugement, mais être toujours donnée dans l’amour et la solidarité envers ceux qui l’entendent. Même une parole sévère peut avoir un
envers ceux qui l’entendent. Même une parole sévère peut avoir un effet qui édifie puissamment, si celui qui la donne est motivé par un amour authentique pour le peuple de Dieu. Au cours d’un grand rassemblement œcuménique à Kansas City en 1977, Ralph Martin donna cette prophétie :
« Pleurez et portez le deuil car le corps de mon Fils est brisé.
Approchez-vous de moi revêtus du sac et de la cendre, approchez-vous avec des larmes et des lamentations, car le corps de mon Fils est brisé.
Je voulais faire de vous un homme nouveau, mais le corps de mon Fils est brisé.
Je voulais faire de vous une lumière au sommet d’une montagne, une ville glorieuse et resplendissante que tout le monde verrait, mais le corps de mon Fils est brisé.
La lumière est sans éclat. Mon peuple a été dispersé. Le corps de mon Fils est brisé.
Détournez-vous des péchés de vos pères. Suivez les voies de mon Fils. Revenez au plan de votre Père, revenez au but de votre Dieu.
Le corps de mon Fils est brisé… »
Dans tout le stade, les gens se mirent à pleurer en entendant la prophétie et furent profondément touchés par le Saint-Esprit, conscients de leur péché vis-à-vis du scandale de la division parmi les chrétiens. Aujourd’hui, plus de quarante ans après, on continue de parler de cette prophétie.
3.Rendre gloire au Christ
Toute prophétie authentique ou tout autre don spirituel rend gloire à Dieu et centre l’attention sur lui plutôt que sur la personne qui
exerce ledit charisme. Exercer un don spirituel est un moyen d’honorer Dieu, comme Pierre l’enseigne :
« Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse […]. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ. »
Ainsi, que nous donnions une prophétie ou que nous priions pour la guérison, ou tout autre don, il est important de veiller à ce que chacun garde les yeux fixés sur Jésus et reconnaisse qu’il est la source de tout pouvoir. Après avoir guéri le paralytique à la porte du Temple, Pierre dit à la foule où fixer son regard :
« Hommes d’Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si c’était en vertu de notre puissance personnelle ou de notre piété que nous lui avons donné de marcher ? […] Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez. »
Parfois, les charismes, surtout les plus sensationnels, peuvent conduire à une tendance malsaine à mettre les gens sur un piédestal. À la consternation de Paul et de Barnabé, c’est ce qui leur arriva lorsqu’ils guérirent un paralytique à Lystre. Tout de suite après, les citoyens de Lystre les acclamèrent comme des dieux et se préparèrent à offrir un sacrifice pour eux. Paul et Barnabé durent prendre des mesures immédiates et radicales pour empêcher une telle idolâtrie :
nts et se précipitèrent dans la foule en criant : “Pourquoi faites-vous cela ? Nous aussi, nous sommes des hommes pareils à vous, et nous annonçons la Bonne Nouvelle : détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent.”»
Pierre dut répondre de la même façon quand le centurion Corneille tomba à ses pieds et se prosterna : « Pierre le releva en disant : “Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Le seul moyen pour s’assurer que l’exercice des dons reste centré sur le Christ plutôt que sur nous est de prier souvent pour l’humilité – et de savoir que le Seigneur veillera aux circonstances dans notre vie pour vraiment répondre à cette prière !
4.L’ordre
Peu importe le niveau de vérité de la parole prophétique, elle ne portera pas de bon fruit si elle n’est pas en harmonie avec ce que le Seigneur a commencé de faire dans un contexte précis. Les prophéties peuvent être authentiques et être cependant données à un moment ou dans des circonstances où elles risquent d’être inutiles ou même de faire du mal. Rappelons-nous la jeune esclave qui suivait Paul à Philippe, en prononçant des acclamations. Peut-être étaient-elles doctrinalement correctes, mais elles perturbaient l’œuvre de Dieu. Paul donne comme règle : « Ainsi, mes frères, recherchez le don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langues, mais que tout se passe dans la dignité et dans l’ordre. »
Nous devons cependant veiller à ne pas appliquer cette règle à la lettre. Parfois, le Saint-Esprit fait éclater les « vieilles outres » de nos plans, de nos structures ou de nos idées sur ce que Dieu peut et ne peut pas faire. Les dons de l’Esprit sont souvent marqués par un caractère inattendu ou même étrange qui dérange notre autosatisfaction. Nous devons avoir un esprit ouvert et être prêts à changer de vitesse en réponse à la conduite de l’Esprit, comme Paul au cours de ses missions, lorsque le Saint-Esprit l’empêchait d’aller où il l’avait prévu et le menait dans une tout autre direction.
5.Un bon fruit
Jésus nous a donné ce principe :
« Méfiez-vous des faux prophètes. […] C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. »
Nous devons rechercher les beaux fruits dans la vie d’un prophète ou de tout autre fidèle doté de dons spirituels, bien que, parfois, cela prenne du temps pour voir les fruits. Le fruit que le Seigneur attend ne peut se mesurer en termes humains. L’Écriture parle de deux sortes de fruits. Paul décrit les fruits de l’Esprit comme des dispositions d’être : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi356. Et la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. Et Jésus parle des fruits portés à faire les mêmes œuvres que lui – comme les guérisons et les miracles – par l’autorité de son nom.
Qui discerne les fruits spirituels ?
Qui est chargé de discerner une prophétie ou tout autre don ? La première porte du discernement devrait être la personne exerçant le charisme. Si je reçois une parole de prophétie, je dois la vérifier à l’aune de ma connaissance des Écritures (et, pour les catholiques, de l’enseignement de l’Église catholique). Je dois étudier si cette parole édifiera vraiment les gens dans l’amour ou si elle va les démolir, si elle est dans l’ordre ou pas.
Ensuite, étant donné qu’une personne n’est pas toujours capable de discerner parfaitement ses propres prophéties, le discernement sera exercé par les responsables pastoraux sur le moment – par exemple, le berger du groupe de prière, les personnes en charge du rassemblement ou les responsables de la louange – avec l’aide d’autres prophètes.
Enfin, la responsabilité ultime de discerner, surtout dans le cas d’une prophétie qui soulève des questions pastorales majeures ou a des répercussions au-delà du groupe, revient aux pasteurs ou responsables de l’église. Pour les catholiques, il s’agira du curé de la paroisse ou, en dernier recours, de l’évêque.
Dans le cas d’une parole prophétique donnée à un individu, elle doit être dite sous la forme d’une supposition, plutôt que comme une affirmation dominante. Par exemple, vous pouvez commence en disant : « Je crois que le Seigneur vous dit… » et terminer en disant « Est-ce que cela correspond à quelque chose pour vous ? » Veillons toujours à nous rappeler qu’une prophétie n’implique pas seulement une révélation de la part de Dieu, mais aussi son interprétation et son application. On peut avoir bien compris la révélation, mais mal l’interpréter ou l’appliquer.
Vous ne pourrez donner une parole personnelle comportant une correction que si vous connaissez déjà la personne – quelqu’un qui vous fait assez confiance pour accueillir cette parole. Quand un vrai prophète donne une parole de correction, en conséquence, la personne en sera édifiée, non condamnée. Si vous pensez avoir reçu une parole de correction pour quelqu’un, il est bon de prier ainsi : « Seigneur, tu ne me montrerais pas cela si tu ne voulais aider cette personne ou la libérer. Que veux-tu que je fasse de cette parole pour qu’elle puisse vraiment édifier celui qui va la recevoir ? »
Discerner n’est pas étouffer
Paul indique que le rôle des responsables vis-à-vis des dons spirituels est de les discerner et de coordonner leur interaction pour le bien de l’Église. Mais il prévient sérieusement que vérifier les dons ne signifie en rien les supprimer : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. »
Ce qui signifie qu’une guidance trop sévère pourrait étouffer le Saint-Esprit, comme si on voulait éteindre un feu. Les responsables
Saint-Esprit, comme si on voulait éteindre un feu. Les responsables peuvent aussi être tentés de « mépriser les prophéties ». Pourquoi ? Peut-être parce que les prophéties ne correspondent pas aux plans humains bien établis. Ceux qui apprennent à exercer le don de prophétie peuvent faire des erreurs qui méritent d’être corrigées. Exercer ce don dans une assemblée peut demander discernement et guidance (comme dans l’église de Corinthe). Les leaders peuvent parfois trouver plus facile de supprimer les dons plutôt que de guider avec sagesse ceux qui les exercent. De nouveau, Paul met en garde : « Ainsi, mes frères, recherchez le don de prophétie et n’empêchez pas de parler en langues, mais que tout se passe dans la dignité et dans l’ordre. »
Son principe est simple : n’entravez pas les manifestations de l’Esprit, mais vérifiez-les et assurez-vous qu’elles sont employées de façon juste. Nous ne devons pas étouffer le feu de Dieu, mais bien au contraire l’attiser !
Saint Jean Chrysostome, père de l’Église du quatrième siècle, donne un conseil semblable :
« La première tâche d’un responsable d’Église est de discerner les dons spirituels de tous ceux qui sont sous son autorité et d’encourager l’exercice de ces dons pour le bénéfice de tous. Seule une personne capable de discerner les dons des autres et de se réjouir qu’ils portent du fruit est digne de conduire l’Église. »

Ainsi, mes frères, recherchez le don de prophétie et n’empêchez pas de parler en langues, mais que tout se passe dans la dignité et dans l’ordre. »
Paul donne comme règle : « Ainsi, mes frères, recherchez le don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langues, mais que tout se passe dans la dignité et dans l’ordre. »
Si je reçois une parole de prophétie, je dois la vérifier à l’aune de ma connaissance des Écritures (et, pour les catholiques, de l’enseignement de l’Église catholique). Je dois étudier si cette parole édifiera vraiment les gens dans l’amour ou si elle va les démolir, si elle est dans l’ordre ou pas.
Si vous pensez avoir reçu une parole de correction pour quelqu’un, il est bon de prier ainsi : « Seigneur, tu ne me montrerais pas cela si tu ne voulais aider cette personne ou la libérer. Que veux-tu que je fasse de cette parole pour qu’elle puisse vraiment édifier celui qui va la recevoir ? »
Peu importe le niveau de vérité de la parole prophétique, elle ne portera pas de bon fruit si elle n’est pas en harmonie avec ce que le Seigneur a commencé de faire dans un contexte précis.
J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. »
Son principe est simple : n’entravez pas les manifestations de l’Esprit, mais vérifiez-les et assurez-vous qu’elles sont employées de façon juste. Nous ne devons pas étouffer le feu de Dieu, mais bien au contraire l’attiser !
Saint Jean Chrysostome, père de l’Église du quatrième siècle, donne un conseil semblable :
« La première tâche d’un responsable d’Église est de discerner les dons spirituels de tous ceux qui sont sous son autorité et d’encourager l’exercice de ces dons pour le bénéfice de tous. Seule une personne capable de discerner les dons des autres et de se réjouir qu’ils portent du fruit est digne de conduire l’Église. »
a prophétie est un message spontané de Dieu, destiné à édifier, encourager et consoler. Elle peut révéler les pensées du cœur, guider, enseigner, voire annoncer l’avenir. Paul recommande à tous les croyants de rechercher ce don
Peu importe le niveau de vérité de la parole prophétique, elle ne portera pas de bon fruit si elle n’est pas en harmonie avec ce que le Seigneur a commencé de faire dans un contexte précis.
Si vous pensez avoir reçu une parole de correction pour quelqu’un, il est bon de prier ainsi : « Seigneur, tu ne me montrerais pas cela si tu ne voulais aider cette personne ou la libérer. Que veux-tu que je fasse de cette parole pour qu’elle puisse vraiment édifier celui qui va la recevoir ? »