JOUR 12 : LE FEU SUR LA TERRE (suite)
Les différentes perspectives sur le baptême
Chez les protestants, il y a quatre perspectives principales à propos du baptême dans le Saint-Esprit. Voilà ces positions :
1.Le baptême dans l’Esprit est une activation ou une reviviscence de ce qui a été donné par la foi au moment de la régénération (la vie nouvelle en Christ). C’est l’opinion de la plupart des confessions évangéliques historiques.
2.Le baptême dans l’Esprit est une expérience de l’Esprit consécutive à l’accueil de l’Esprit dans la régénération. Les confessions pentecôtistes et de sainteté soutiennent cette perspective.
3.Le baptême dans l’Esprit n’est pas lié à la régénération en Christ, mais est une nouvelle manifestation de l’Esprit dans la vie d’une personne pour une mission ou un appel nouveau. 4.Le baptême dans l’Esprit est un phénomène mondial significatif qui marque un tournant eschatologique.
Chez les catholiques, certains varient sur ces quatre positions, avec une majorité de croyants soutenant la version de la première position, qui est une activation ou une reviviscence de ce qui a déjà été donné au moment de la conversion ou du baptême d’eau.
Le baptême dans l’Esprit en tant qu’activation
Ce point de vue du baptême dans l’Esprit – en tant qu’activation ou reviviscence de ce qui a déjà été donné par la foi et le baptême comprend que le baptême dans l’Esprit se produit au moment de la nouvelle naissance (ou, pour les catholiques, au moment du sacrement de baptême). Il reconnaît cependant que la plupart des gens ne font pas l’expérience de cette réalité à ce moment-là, soit parce qu’ils ont été baptisés enfants, soit parce qu’ils n’étaient pas dans un environnement de foi vivante. Cela ne signifie pas qu’il ne s’est rien passé, mais plutôt que le don de l’Esprit Saint sommeillait dans la vie de la personne. Plus tard, souvent dans le contexte de la prière pour recevoir le Saint-Esprit, le don est activé. Cette dernière expérience n’est pas l’accueil de l’Esprit, mais elle attise ou libère le Saint-Esprit qui est déjà présent en la personne.
Randy : Le baptiste américain Clayton Ford, qui a été de longues années en charge de la confession Charismatic Fellowship of the American Baptist, favorisait cette position. Le Dr Ford m’a invité à intervenir lors de leur rassemblement annuel il y a quelques années. Alors que j’étais là, je l’ai entendu employer cette illustration pour expliquer le baptême dans l’Esprit : pensez à Noël comme étant un symbole de notre nouvelle naissance ou régénération en Christ. La vie éternelle nous est donnée à ce moment-là, représentée par un grand sac laissé par le Père Noël. La plupart des gens se ruent sur le sapin de Noël quand ils se réveillent, ils ouvrent le sac et prennent un cadeau, par exemple le salut. À partir de ce moment-là, les cadeaux contenus dans le sac leur appartiennent. Après avoir ouvert le paquet du salut, cependant, ils cessent de regarder ce qu’il y a à l’intérieur du sac. Plus tard, quelqu’un leur dit qu’il y a encore des cadeaux dans le sac. Ils peuvent laisser s’écouler un petit laps de temps ou un temps plus long après avoir ouvert le premier paquet. Lorsqu’ils réalisent qu’ils n’ont pas ouvert tous leurs cadeaux, ils reviennent vers le sac et trouvent ces autres cadeaux. Ce ne sont pas de nouveaux cadeaux qui ont été déposés plus tard. Tout leur a été donné dès le départ, mais ils ne les avaient tout simplement pas ouverts. Ils ne s’étaient pas appropriés ce qui leur appartenait déjà. Gordon Fee, spécialiste du Nouveau Testament et pentecôtiste classique des Assemblées de Dieu, croit que l’Écriture enseigne que le baptême dans l’Esprit avec ses dons est généralement consécutif à la conversion. Mais parce que manquent une juste prédication et une bonne compréhension de l’Esprit Saint, pour la plupart des gens aujourd’hui, il y a comme une déconnexion qui de leur expérience du baptême après la conversion. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un modèle du Nouveau Testament, mais parce que, à cette époque de l’Histoire de l’Église, la foi n’est pas suffisante pour tout recevoir en même temps. De nombreux chrétiens aujourd’hui sont comme les disciples de Jean le Baptise que Paul rencontre à Éphèse. Ils disent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. »
Chez les catholiques, cette façon de voir le baptême dans l’Esprit comme une actualisation ou une reviviscence de ce qui a déjà été donné au baptême est la plus répandue. C’était la position même du cardinal Léon Joseph Suenens, un des évêques éminents du concile Vatican II. C’est la position également du Dr Ralph Martin et du père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, entre autres. Ces théologiens remarquent que certains pères de l’Église employaient l’expression « baptême dans l’Esprit » pour faire référence aux sacrements de baptême et de confirmation généralement administrés ensemble aux convertis adultes car ces nouveaux chrétiens expérimentaient ce que le Nouveau Testament décrit comme étant les effets normaux de l’accueil de l’Esprit Saint : une connaissance de l’amour de Dieu qui changera leur vie à jamais, une joie de vivre sous la seigneurie de Jésus, une louange débordante de Dieu, un zèle pour rendre témoignage au Christ et la manifestation des dons de l’Esprit. Au fur et à mesure du développement du christianisme et du fait que le baptême des enfants était devenu la norme, cependant, il devint de plus en plus possible de recevoir les sacrements sans les effets attendus. Dans ce cas, la personne reçoit vraiment le Saint-Esprit, mais le cadeau n’a pas été déballé. C’est comme avoir un titre de propriété pour un vaste terrain , un royaume qui vous a été légué en héritage, mais qui reste enfermé dans un tiroir du cabinet du notaire. De nombreux chrétiens ne vivent pas dans le Royaume dont ils ont hérité. Leurs vies ne manifestent pas ce qui est supposé être les effets normaux de ces sacrements. Dans ces cas-là, il faut une nouvelle effusion de l’Esprit Saint pour faire l’expérience de la plénitude de ce que Dieu a pour nous. Aussi, aujourd’hui, le « baptême dans l’Esprit » se rapporte généralement à cette dernière expérience, quand le cadeau déjà reçu est « ravivé ».
Une autre analogie que catholiques comme protestants emploient souvent pour expliquer cette position est que nos vies sont comme un verre de lait : lorsque nous avons donné notre vie au Seigneur ou lorsque nous avons été baptisés dans l’eau (baptême sacramentel), nous sommes nés de nouveau dans le Christ. C’est à ce moment-là qu’on a ajouté le chocolat, représentant l’Esprit Saint, dans notre verre. Il est là depuis lors, mais, pour beaucoup, le chocolat reste au fond du verre et a juste besoin qu’on le mélange pour qu’il colore et aromatise mieux le lait. Le baptême dans l’Esprit est le chocolat remué. Le baptême dans l’Esprit est consécutif à la régénération
Une seconde position est que le baptême dans l’Esprit est distinct de la nouvelle naissance en Christ et en est la conséquence. Ce point de vue est entré dans le protestantisme à travers le prêtre anglican John Wesley (1703-1791) qui devint le fondateur de la confession méthodiste, le père spirituel des confessions de sainteté wesleyennes et le grand-père des confessions pentecôtistes.
Wesley était soucieux de l’accent démesuré mis sur la justice imputée, au détriment de la justice expérimentale. Il pensait que l’état spirituel de nombreuses personnes dans les églises protestantes en Angleterre était lamentablement insuffisant. Elles vivaient sans grande victoire sur le péché dans leurs vies. Il croyait qu’il était possible de faire une expérience conséquente de l’Esprit Saint qui permettrait de donner aux chrétiens une plus grande victoire sur le péché. Le but n’était pas simplement de faire l’expérience du salut, mais aussi de ressembler de plus en plus au Christ. La vie chrétienne représentait davantage que d’être justifié, elle devait inclure la sanctification, qui deviendrait, dans une action de l’Esprit, consécutive à la régénération. Bien que différents termes fussent employés pour décrire cette expérience, au cours des vingt dernières années de la vie de Wesley, on parla le plus souvent de baptême dans l’Esprit.
Parce qu’il était anglican, Wesley appréciait profondément les écrits des pères de l’Église. L’anglicanisme était l’Église protestante nationale d’Angleterre, pays qui, auparavant, était catholique. Wesley n’était pas aussi influencé que les premiers protestants par les enseignements de la Réforme protestante, surtout l’accent mis par la Réforme sur le fait de recevoir régénération et sanctification en même temps. Il avait appris des écrits des pères de l’Église que, dans l’Église primitive, les gens étaient régénérés par une action de l’Esprit dans le baptême d’eau et, immédiatement après le baptême, ils étaient remplis de l’Esprit quand ils recevaient l’imposition des mains ou l’onction avec l’huile sacrée. Plus tard, dans le rite latin de l’Église catholique, il y eut une séparation entre ces deux événements, régénération par l’Esprit au cours du baptême et don renouvelé de l’Esprit au cours de la confirmation. Les gens étaient habituellement baptisés enfants et confirmés quelques années plus tard. Wesley était influencé par cette compréhension d’un plus grand accueil de l’Esprit plusieurs années après le baptême.
Chez les catholiques, le théologien Stephen B. Clark, un des premiers participants au Renouveau charismatique catholique, soutient une variante de cette position. Pour lui, le baptême dans le Saint-Esprit est une libération de la puissance de l’Esprit donnée à la confirmation. Il relie baptême dans l’Esprit et confirmation plutôt que baptême, à cause de sa nature « pentecostale », comme on le voit dans les Actes et dans l’enseignement catholique. La confirmation n’est pas simplement l’approfondissement d’une relation avec le Christ, mais une nouvelle effusion de l’Esprit et de ses dons, équipant une personne pour qu’elle prenne part à la l’Église. En effet, l’Église catholique enseigne que « l’effet du sacrement de confirmation est l’effusion spéciale de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte ». L’Église considère l’origine de la confirmation comme l’événement relaté dans Actes 8, au moment où les Apôtres imposent les mains aux nouveaux croyants en Samarie, qui avaient déjà été baptisés, et ils « reçurent l’Esprit Saint » d’une manière conséquente et perceptible. Ainsi, la confirmation dans son essence même est liée à l’effusion « pentecostale » de l’Esprit Saint et de ses dons. Cependant, peu parmi ceux qui sont confirmés aujourd’hui manifestent ce que l’Écriture et l’Église considèrent comme les effets prévus de ce sacrement. Par ailleurs, quand des personnes font l’expérience du baptême dans le Saint-Esprit, ce n’est parfois que plusieurs années après que leurs vies commencent à manifester les effets normaux de la confirmation.
Parmi ceux qui voient le baptême dans l’Esprit comme consécutif à la conversion, certains (surtout des pentecôtistes) considèrent le don du parler en langues comme la preuve initiale nécessaire que la personne a été baptisée dans l’Esprit. D’autres (surtout évangéliques et catholiques) croient plutôt que les langues peuvent être une preuve, mais pas la seule preuve initiale que quelqu’un a été baptisé dans l’Esprit.

Par ailleurs, quand des personnes font l’expérience du baptême dans le Saint-Esprit, ce n’est parfois que plusieurs années après que leurs vies commencent à manifester les effets normaux de la confirmation.
Parmi ceux qui voient le baptême dans l’Esprit comme consécutif à la conversion, certains (surtout des pentecôtistes) considèrent le don du parler en langues comme la preuve initiale nécessaire que la personne a été baptisée dans l’Esprit. D’autres (surtout évangéliques et catholiques) croient plutôt que les langues peuvent être une preuve, mais pas la seule preuve initiale que quelqu’un a été baptisé dans l’Esprit.
Le baptême dans l’Esprit n’est pas lié à la régénération en Christ, mais est une nouvelle manifestation de l’Esprit dans la vie d’une personne pour une mission ou un appel nouveau
La confirmation n’est pas simplement l’approfondissement d’une relation avec le Christ, mais une nouvelle effusion de l’Esprit et de ses dons, équipant une personne pour qu’elle prenne part à la l’Église.
La confirmation n’est pas simplement l’approfondissement d’une relation avec le Christ,mais une nouvelle effusion de l’Esprit et de ses dons , équipant une personne pour qu’elle prenne part à la vie de l’Eglise.
Le but n’était pas simplement de faire l’expérience du salut, mais aussi de ressembler de plus en plus au Christ. La vie chrétienne représentait davantage que d’être justifié, elle devait inclure la sanctification, qui deviendrait, dans une action de l’Esprit, consécutive à la régénération.
Chez les catholiques, le théologien Stephen B. Clark, un des premiers participants au Renouveau charismatique catholique, soutient une variante de cette position. Pour lui, le baptême dans le Saint-Esprit est une libération de la puissance de l’Esprit donnée à la confirmation.
La confirmation n’est pas simplement l’approfondissement d’une relation avec le Christ, mais une nouvelle effusion de l’ Esprit et de ses dons , équipant une personne pour qu’elle prenne part à l’église.
Le baptême dans l’Esprit n’est pas lié à la régénération en Christ, mais est une nouvelle manifestation de l’Esprit dans la vie d’une personne pour une mission ou un appel nouveau.
La confirmation n’est pas simplement l’approfondissement d’une relation avec le Christ,mais une nouvelle effusion de l’Esprit et de ses dons , équipant une personne pour qu’elle prenne part à la vie de l’Eglise.