JOUR 17 : UN PREMIER REMEDE: CREER UN BUDGET EVANGELISATON – TRAVAIL DE SUITE
C’est dans notre coeur que les choses doivent changer. Nos priorités sont fausses ou, pour le moins, déséquilibrées; je m’explique: dans la plupart des comités d’évangélisation, on passe des heures à choisir un orateur, des dates, un lieu, une publicité adaptée, etc. On planifie un budget en conséquence, prévoyant la préparation et l’événement proprement dit. Les choses sont faites en détail avec parfois huit ou douze sous-commissions couvrant tous les domaines… – Tous, vraiment? Et le travail de suite?
– Oui, il est très important, me répondra-t-on, une commission a d’ailleurs « étudié » la question.
– Bien, mais à combine s’élève le budget global?
– 65000 francs.
– Et le budget « travail de suite »?
– Euh… le travail de suite sera pris en charge par les conseillers eux-mêmes… nous ne voulions pas encore alourdir les frais…
Résumons la situation classique:
-Préparation: 33% du budget
-Action: 67% du budget
-Travail de suite: 00% du budget
Quel rapport y a-t-il entre le budget et notre coeur? Celui-ci – Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur (Mt. 6:21)
Certes Jésus a prononcé cette vérité pour souligner que nous devons nous attacher aux vraies valeurs, et ne pas nous amasser des trésors corruptibles; mais il dit aussi que notre trésor, notre investissement, révèle le vrai centre d’intérêt de notre coeur. En d’autres termes, un budget de travail de suite ne comprenant que des… zéros démontre que notre coeur n’a pas été gagné à cette cause.
Nous ressemblons à un vigneron qui, travaillant d’arrache-pied à sa vigne, aurait finalement obtenu une magnifique récolte, mais serait parti aussitôt en vacances, laissant moisir sur place ses cageots de fruits… Oui ce vigneron a bien fait de cultiver et de récolter, mais ceci n’était qu’un moyen, le but étant de retirer un bénéfice: un salaire. Notre but n’est pas de travailler d’arrache-pied pour remplir un lieu d’évangélisation, écouter un orateur formidable et avoir 10 personnes sur le banc des pénitents, ceci est un moyen (excellent, mais un moyen seulement). Quel est le but? Il est, bien sûr, que le Seigneur ajoute à l’Eglise ceux qui sont sauvés, et que le plus grand nombre entre dans le Royaume éternel de Dieu.
Comment changer notre coeur? L’expérience montre qu’un « trésor » mieux réparti entre préparation, action directe et travail de suite, déplace notre centre d’intérêt dans la bonne direction. Le jour où nous investirons financièrement dans le travail de suite, nous y porterons une attention bien plus grande à tout point de vue: intercession, délibérations, forces vives, temps, littérature, etc.
Parlons donc finances:
-Sur le plan individuel (nous engloberons dans ce premier point l’évangélisation dans son ensemble en complément au cinquième chapitre « Des méthodes adaptées »).
-Sur le plan collectif.
FINANCES SUR LE PLAN INDIVIDUEL
Pendant mes premières années de vie de disciple, bien que pratiquant la dîme et donnant plus encore, l’idée d’investir pour évangéliser ne m’avait pas effleuré. Je voulais bien distribuer de la littérature pour autant qu’elle me soit fournie gratuitement; emmener un ami à une rencontre quelconque si l’entrée était non payante, véhiculer quelqu’un pour autant qu’il y ait de l’essence dans le réservoir, etc. Ceci est une vue « enfantine » qui peut, si elle se perpétue, devenir un réel frein à l’avance du Royaume de Dieu.
Si, à un moment donné, les disciples de Christ durent apprendre la dépendance totale par la foi en n’emmenant aucun argent, c’est justement parce que Dieu se servit d’autres personnes qui elles, tout le long de leur voyage, ouvrirent leurs bourses pour les recevoir et les nourrir… Notons qu’habituellement, dans l’équipe de Jésus, il y avait quelqu’un qui tenait la bourse et que celle-ci s’ouvrait régulièrement pour donner aux nécessiteux (cf. Jn. 13:29).
Un traité est gratuit pour la bonne raison que quelqu’un, quelque part dans le monde, l’a payé. De même, une entrée est gratuite parce que quelqu’un ou une association l’a offerte. Donner l’Evangile gratuitement implique justement de la générosité et un budget d’évangélisation de la part de celui qui offre; à l’instar de Dieu lui-même qui, dans un don suprême, nous a donné son Fils. Si le salut est gratuit pour nous ce n’est pas qu’il n’a rien coûté, mais c’est que Dieu a payé à notre place.
Combien sommes-nous prêts à investir pour offrir gratuitement le salut aux autres? Un jour par mois de salaire? Ce sera un sacrifice pour celui qui gagne peu comme pour celui qui gagne beaucoup; mais quelle joie, le premier lundi du mois par exemple, de se dire: aujourd’hui je ne vais pas travailler pour moi-même mais pour investir dans l’évangélisation du monde!
Avec ce principe celui qui gagne 6000 francs en mettra 200 de côté (environ un trentième), alors qu’un autre en mettra 50 ou 500.
Ces chiffres ne sont qu’une illustration, mais dans la pratique quelle différence! Presque tous les exemples du chapitre 5 demandent un certain budget de départ, exception faite de quelques méthodes qui s’auto financent ou laissent un bénéfice.
Bien que vivant aujourd’hui par la foi, je jouis d’une grande liberté financière quant à l’évangélisation, que ce soit pour inviter quelqu’un au restaurant, à une course en montagne, le véhiculer, lui offrir un livre ou une cassette, ou pour toute autre dépense courante en vue de son salut ou de son affermissement en Christ. Cela ne veut pas dire bien sûr, que je vais faire de la personne nouvellement convertie, ou en voie de l’être, une assistée, ni qu’elle ne participera jamais à certains frais, mais cela signifie que mes finances sont désormais au service de l’Evangile, et non plus un obstacle à celui-ci. Jésus n’a-t-il pas parlé des richesses injustes (de ce monde) pour se faire des amis pour l’éternité? (cf. Luc 16:9)
FINANCES SUR LE PLAN COLLECTIF
Chaque président, chaque membre d’un comité d’évangélisation devrait comprendre que le but final d’une campagne d’évangélisation est la croissance de l’Eglise. Si les moyens d’y parvenir, comme l’orateur, la location, la publicité, etc., demeurent dans nos priorités, le travail de suite n’en reste pas moins la clef de voûte, indispensable à l’accomplissement du projet. Cette notion comprise, le budget pourra être décidé. Bien entendu, il serait insensé de penser que cet investissement assurera le succès à lui seul; il n’est que le serviteur de l’action.
Voici quelques questions à se poser:
-Combien de temps (de la décision à l’intégration dans l’église) durera en moyenne le travail de suite?
-Qu’attendons-nous au niveau du suivi, et quels seront les frais par conseiller?
a) Déplacements?
b) Téléphones, correspondances?
c) Repas ou autres activités communes?
d) Divers?
-Combien de nouvelles personnes attendons-nous?
-Allons-nous leur offrir quelque chose: une cassette ou un livre?
-De combien de conseillers aurons-nous besoin?
-Ceux-ci peuvent-ils et acceptent-ils vraiment de prendre une partie des frais à leur charge? Seront-ils consultés à ce sujet? La réponse à ces questions et à celles que vous ajouterez vous donnera une base pour calculer et décider du budget « travail de suite ».
Regardons maintenant comment préparer, vivre et poursuivre un travail de suite dans une campagne d’évangélisation. Le conseiller en reste la cheville ouvrière.
COMMENT PREPARER UN TRAVAIL DE SUITE ADEQUAT DANS UNE CAMPAGNE D’EVANGELISATION?
Les lignes qui suivent n’ont pas la prétention d’être exhaustives mais elles sont le fruit de leçons tirées suite à pas mal d’échecs, de recherches, de lacunes qui se sont révélées sur le terrain, mais aussi de belles victoires.
AVANT LA CAMPAGNE
Pour être choisi comme conseiller, le candidat devrait rendre un bon témoignage au sein de sa communauté, avoir le travail de suite à coeur et le sens du contact humain.
Si les bons conseillers existent, c’est généralement des gens fort occupés; il faudra donc leur offrir une formation à la fois concise et de valeur si nous voulons leur présence.
Les lieux de formation influencent pour beaucoup sur le nombre de conseillers présents. Dans une grande ville, il est prudent de faire une première rencontre dans plusieurs quartiers et dans plusieurs dénominations (c’est l’instructeur qui se déplace). Une fois la vision et l’intérêt transmis, une seconde rencontre pourra être commune à tous les groupes de conseillers.
Les rendez-vous ne devraient pas se multiplier inutilement mais être obligatoires pour tous les conseillers qui reçoivent une première formation. Si les organisateurs prennent les noms des participants à la première rencontre, ils pourront faire un appel à la seconde, et distribuer des badges en conséquence. S’il n’y a aucun contrôle, la formation ne sera pas prise au sérieux.
La formation pour conseillers devra répondre et traiter de 2 sujets:
1. Que dois-je faire et comment le faire?
C’est à ces questions que l’instructeur, qui sera parfois l’évangéliste, doit répondre. Si nous voulons réussir dans nos objectifs, il est indispensable de rester farouchement pratiques. Le conseiller doit pouvoir répondre aux questions suivantes:
-A quelle heure et où dois-je être les jours de campagne?
-Y aura-t-il une rotation (équipe jours pairs / impairs)?
-Où dois-je me placer dans l’assistance (éviter que les conseillers soient tous au même endroit)?
-Quand dois-je m’avancer exactement (pendant ou après l’appel)?
(Beaucoup d’appels restent sans réponse par manque de communication avec les conseillers. Pour ma part, je crois que ce sont les « bergers-conseillers » qui doivent précéder ou accompagner les « brebis » et non le contraire.)
-Qui répartit les nouveaux convertis pour les entretiens?
-Où dois-je me rendre avec eux?
-Comment remplir la carte de décision? Quand et à qui la remettre? (celles comprenant 3 volets: conseiller – chef conseiller – nouveau converti, permettent un meilleur suivi.)
-Que faire au cas où je suis dépassé par la situation?
-Que dois-je donner sur le plan littérature? Quand doit avoir la première visite?
-Suis-je aidé financièrement et comment vais-je recevoir cette aide?
-Quelle est ma responsabilité envers la personne qu’il faut emmener au culte tout en respectant ses choix?
-Quelles sont les éventuelles rencontres après la campagne auxquelles je devrais assister? Est-ce avec ou sans les nouveaux convertis?
-Ma formation restera-t-elle valable pour d’autres campagnes? (Certains conseillers se découragent, car aucun fichier n’est tenu et à chaque campagne, au lieu d’utiliser le précieux acquis en faisant une distinction entre « nouveaux » et « anciens », on recommence à zéro leur formation).
2. Que dois-je dire et comment le dire?
Le conseiller devra saisir l’attitude qu’on attend de lui; il sera la « carte de visite » de toute la campagne. On ne peut cependant pas transformer le cours en formation de disciples ou en école biblique (ce que trop d’orateurs essayent de faire, perdant de vue le but même de la rencontre); non, si l’église locale, en cent réunions et plus par année, n’a pas enseigné la vie chrétienne, ce n’est plus le moment de le faire.
Sur ce deuxième point, très pratiquement le conseiller sera enseigné sur les sujets suivants:
-Etablir avec tact un dialogue basé sur la confiance.
-Amener quelqu’un, Bible en main, à comprendre et à accepter le salut.
-Comprendre, par de simples questions, le besoin de la personne qui s’est avancée.
-Ré expliquer brièvement ou éclairer le message entendu.
-Présenter la littérature et son but.
-Présider à une première visite avec, par exemple, une étude biblique très simple sur les premiers pas en Christ.
Le conseiller devrait comprendre et accepter cet engagement:
Je suis personnellement responsable du nouveau converti depuis l’instant de sa décision pour Christ, jusqu’à son intégration dans l’église locale

Donner l’Evangile gratuitement implique justement de la générosité et un budget d’évangélisation de la part de celui qui offre; à l’instar de Dieu lui-même qui, dans un don suprême, nous a donné son Fils.
C’est dans notre coeur que les choses doivent changer. Nos priorités sont fausses ou, pour le moins, déséquilibrées;
Donner l’Evangile gratuitement implique justement de la générosité et un budget d’évangélisation de la part de celui qui offre; à l’instar de Dieu lui-même qui, dans un don suprême, nous a donné son Fils
Amener quelqu’un,bible en main, à comprendre et à accepter le Salut
Je suis personnellement responsable du nouveau converti depuis l’instant de sa décision pour Christ, jusqu’à son intégration dans l’église locale
Donner l’Evangile gratuitement implique justement de la générosité et un budget d’évangélisation de la part de celui qui offre; à l’instar de Dieu lui-même qui, dans un don suprême, nous a donné son Fils. Si le salut est gratuit pour nous ce n’est pas qu’il n’a rien coûté, mais c’est que Dieu a payé à notre place.
L’expérience montre qu’un trésor mieux reparti entre préparation, action directe et travail de suite,déplace notre centre d’intérêt dans la bonne direction
Le but final d’une évangélisation est la croissance de l’ Église.
Si le salut est gratuit pour nous ce n’est pas qu’il n’a rien coûté,mais c’est que Dieu a payé à notre place. Combien sommes- nous prêt à investir pour offrir gratuitement le salut au autres?
Si le salut est gratuit pour nous ce n’est pas qu’il n’ a rien coûté, mais c’est que Dieu a payé à notre place.
C’est dans notre cœur que les choses doivent changer. Nos priorités sont fausses ou, pour le moins, déséquilibrées.
Je suis personnellement responsable du nouveau converti depuis l’instant de sa décision pour Christ, jusqu’à son intégration dans l’église locale
Donner l’Evangile gratuitement implique justement de la générosité et un budget d’évangélisation de la part de celui qui offre
Je suis personnellement responsable du nouveau converti depuis l’instant de sa décision pour Christ, jusqu’à son intégration dans l’église locale