JOUR 9 : REVÊTUS DE PUISSANCE (suite)
Les missions de Paul, ointes par l’Esprit
C’est intéressant de voir que le grand apôtre et missionnaire Paul n’a pas été rempli de l’Esprit Saint par les mains d’un autre Apôtre, à la différence de ce qui s’était passé en Samarie, où Dieu s’était servi des mains des Apôtres pour répandre l’Esprit sur les Samaritains. À la différence aussi de ce qui s’était passé dans la maison de Corneille, où l’Esprit était tombé sur les païens craignant Dieu pendant le sermon de Pierre. Lorsque Paul est rempli de l’Esprit, Dieu se sert d’Ananie, disciple à Damas. Le titre qui lui est donné n’est ni apôtre, ni ancien, ni même évangéliste, mais simplement disciple.
Au fur et à mesure du récit, on voit que l’évangélisation de Paul à Athènes n’est pas autant couronnée de succès que dans d’autres lieux où il était plus clair que la main du Seigneur était sur eux. Peut-être la pauvreté du fruit n’a-t-elle rien à voir avec les sermons de Paul, mais plus avec l’état du cœur de ceux qui l’écoutaient. Ses efforts à Corinthe allaient porter davantage de fruit. Le Seigneur y parla à Paul dans une vision, lui demandant de poursuivre ses prédications et de ne pas se taire face à l’opposition1. La première lettre de Paul aux Corinthiens nous montre à quel point les dons de l’Esprit se manifestaient à Corinthe :
« Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient. » Dans la même lettre, il écrit : « Car le royaume de Dieu ne consiste pas dans la parole, mais dans la capacité d’agir » et il parle de l’Esprit Saint donnant « d’opérer des miracles ».
Luc nous livre un autre récit d’effusion de l’Esprit, cette fois sur les disciples à Éphèse dans le livre des Actes. Et là, encore une fois, elle a lieu par les mains d’un Apôtre. De nombreux spécialistes bibliques considèrent que ces douze « disciples » à Éphèse n’étaient pas chrétiens, mais étaient disciples de Jean-Baptiste. Étant donné qu’ils ne semblent pas savoir grand-chose sur Jésus, ils n’ont probablement pas entendu le Baptiste, mais seulement quelques-uns de ses disciples qui n’annonçaient pas le même message que Jean (dans sa prédication, Jean parlait effectivement de Jésus et de l’Esprit). Quand Paul réalise que les douze hommes n’avaient pas reçu le Saint-Esprit et n’en avaient même pas entendu parler, il leur annonce que le baptême de Jean va les préparer à croire en Jésus. Ils sont alors baptisés et reçoivent une nouvelle naissance en Christ. Mais il fallait encore que l’Esprit vienne sur eux. Et c’est au moment où Paul leur impose les mains que l’Esprit vient sur eux, qu’ils parlent en langues et prophétisent. Il est clair pour Luc que lorsque l’Esprit Saint vient en une personne, il y a une manifestation visible. Que ce soit le parler en langues, la prophétie, la louange ou la prédication avec audace, il semble y avoir toujours une manifestation verbale.
À Éphèse, comme dans chaque ville qu’il visitait, Paul avait pour habitude de prêcher aux Juifs d’abord, puis aux Gentils. Luc déclare étonnamment que « cela dura deux ans, si bien que tous les habitants de la province d’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur. » Et si l’on se demandait comment tout cela avait pu se réaliser en deux ans, il suffirait de lire les deux versets suivants :
« Par les mains de Paul, Dieu faisait des miracles peu ordinaires, à tel point que l’on prenait des linges ou des mouchoirs qui avaient touché sa peau, pour les appliquer sur les malades ; alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais sortaient. »
Voilà la seule référence dans les Actes à des miracles « peu ordinaires », ce qui donne un aperçu du sens de la phrase : « La main du Seigneur était avec eux. » La grande campagne d’évangélisation, probablement la plus grande du livre des Actes, est caractérisée par la puissance.
Randy : Ces miracles peu ordinaires se poursuivent aujourd’hui. J’en ai été le témoin. J’ai vu des gens entièrement guéris de fibres nécrosées et de membres détruits. J’ai vu une personne recouvrer la vue alors qu’elle n’avait pas de nerf optique, et j’ai vu des miracles où la cornée et la pupille d’un œil, détruites par l’acide chlorhydrique, étaient recréées et la vue rétablie. J’ai vu des victimes d’attaques complètement guéries et de schizophrénies paranoïdes guéries et vérifiées. Au Mozambique, Dieu a ressuscité des morts, entraînant ainsi des villages entiers à se tourner vers Jésus, croire à l’Évangile et recevoir le baptême. Après deux années de prédication, accompagnées de signes et prodiges qui ont touché la province tout entière, Paul quitte Éphèse et fait route vers la Macédoine, puis plus tard vers Troas, où il ressuscite un jeune homme d’entre les morts161. Dans le reste du livre des Actes, nous voyons Paul poursuivre ses voyages, ses prédications et exercer son ministère en dépit de l’opposition et des atteintes à sa vie.
Le dernier chapitre des Actes rapporte deux événements surnaturels survenus à Malte. Le premier se passe lorsqu’un serpent vénéneux mord Paul. Les habitants de l’île s’attendent à ce qu’il tombe raide mort rapidement, mais il ne lui arrive rien d’anormal. Puis Paul entend dire que le père du premier magistrat de l’île est malade, atteint de fièvre et de dysenterie, aussi se rend-il auprès de lui. Après avoir prié, Paul étend les mains sur lui et le guérit, ce qui a des conséquences très fortes : « À la suite de cet événement, tous les autres malades de l’île venaient à lui et ils étaient guéris. » Le don de guérison est là à l’œuvre. Cependant, il faut bien aussi garder à l’esprit les paroles de Paul dans Colossiens : « C’est pour cela que je m’épuise à combattre, avec la force du Christ dont la puissance agit en moi. » Il y a les dons de foi, les guérisons, les miracles, la prophétie et les paroles de connaissance, mais il y a aussi la puissance de la grâce de Dieu à l’œuvre merveilleusement en nous.
Les événements de Malte sont les dernières manifestations surnaturelles de l’Esprit Saint mentionnées dans le livre des Actes. Paul rejoint Rome et convoque une rencontre avec les responsables juifs ; certains sont convaincus par son message, certains le rejettent. Paul insiste de nouveau, soulignant que l’Évangile sera annoncé aux Gentils, qui l’accepteront. Les Actes s’achèvent par le mandat d’arrêt de Paul, mais il « accueillait tous ceux qui venaient chez lui ; proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec pleine assurance et sans obstacle ».
C’est dans l’épître aux Romains que l’on trouve les passages les plus significatifs sur la mission de Paul dans le domaine évoqué dans les Actes. Ici, Paul fait référence à sa mission de proclamer l’Évangile sur toute la région depuis Jérusalem jusque vers l’Illyrie. Ce domaine couvre l’entier territoire dont parlent les Actes, et même au-delà. L’Illyrie est aujourd’hui l’Albanie, la Serbie et la Croatie – tout le nord de la Grèce. Il n’y a aucune mention de ce voyage missionnaire dans les Actes. Ce qui veut dire que Paul a prêché dans plus de villes que ce qui nous est indiqué. Comment se passait son ministère ? La réponse se trouve au verset 18 : Paul le voit comme « ce que le Christ a mis en œuvre par moi ».
Paul conduit les Gentils à la foi en Christ par « la puissance des signes et des prodiges, la puissance de l’Esprit de Dieu166 ». Nous voyons là, encore davantage que dans les Actes, l’importance des signes et prodiges, la puissance de l’Esprit de Dieu dans la Paul conduit les Gentils à la foi en Christ par « la puissance des signes et des prodiges, la puissance de l’Esprit de Dieu16 ». Nous voyons là, encore davantage que dans les Actes, l’importance des signes et prodiges, la puissance de l’Esprit de Dieu dans la prédication de l’Évangile. La grâce accordée par le Seigneur à Paul d’être ministre du Christ Jésus auprès des Gentils n’était pas simplement une habilitation divine à exercer le ministère du Christ dans l’onction de l’Esprit Saint, par la puissance et les dons du Saint-Esprit. Accomplir l’Évangile est davantage que l’annoncer, davantage que les paroles que nous proclamons. C’est aussi ce que le Christ a fait à travers nous.
l’époque des Pères de l’Église
La prédication de l’Évangile dans la puissance de l’Esprit Saint se poursuit au cours des premiers siècles de l’Église. Pendant ce temps, les chrétiens sont dans une situation très délicate. Le christianisme n’est alors pas officiellement reconnu par l’Empire romain et il y a régulièrement de violentes flambées de persécutions. En croyant au Christ, il pouvait vous en coûter moqueries, ostracisme social, perte d’emploi, torture ou mort. Et, cependant, on estime qu’au cours de cette même période, l’Église grandit de manière stupéfiante de près de quarante pour cent tous les dix ans. Au milieu du quatrième siècle, environ la moitié de la population de l’Empire romain s’est adjointe à la communauté de croyants en Jésus, longtemps méprisée. Qu’est-ce qui explique une telle croissance ?
Il y a un ensemble de facteurs, chacun marqué de l’empreinte du Saint-Esprit. Les gens voyaient que les chrétiens s’aimaient vraiment les uns les autres. On constatait la paix, l’harmonie et le respect mutuel dans leurs familles. Les femmes n’étaient pas traitées comme une propriété et les enfants non désirés n’étaient pas exposés à la mort (ce qui équivalait dans le monde ancien à l’avortement d’aujourd’hui). Si une plaie s’abattait sur une ville, les chrétiens prenaient soin des victimes plutôt que de fuir pour sauver leur propre vie comme le faisaient tous les autres. Ils annonçaient l’Évangile avec audace et allaient au-devant du martyre avec joie. Le Dieu qu’ils prêchaient, l’unique Créateur de tout, était un Dieu à l’amour inébranlable, à la différence des dieux païens, cruels et aux passions inconstantes. Le Seigneur qu’ils annonçaient, Jésus, était un Sauveur qui avait donné sa vie pour eux et avait remporté la victoire sur le péché et la mort. De plus, les chrétiens étayaient leur message de la Bonne Nouvelle par des démonstrations de la puissance du Saint-Esprit, guérissant les malades et chassant les démons169. Il n’est pas difficile d’expliquer l’impact de ces manifestations de l’amour de Dieu sur le monde païen ancien. Le Royaume de Dieu éclatait de manière visible dans une culture qui s’était embourbée dans des ténèbres morales et spirituelles. Le soleil de justice se levait, apportant la guérison dans ses rayons. Il est aisé de comprendre pourquoi les gens accouraient se joindre à l’Église de Jésus, le Divin Médecin.
Des œuvres extraordinaires opérées par des chrétiens ordinaires
ée de Lyon (115-202) était un chrétien de la troisième génération. Enfant, il avait appris l’Évangile de la bouche de saint Polycarpe, qui lui-même l’avait appris de la bouche de l’apôtre Jean. Irénée atteste de l’usage répandu des dons surnaturels à l’époque :
« En son nom, ses authentiques disciples, après avoir reçu de lui la grâce, œuvrent pour le profit des autres hommes, selon le don que chacun a reçu de lui. Les uns chassent les démons en toute certitude et vérité, si bien que, souvent, ceux-là mêmes qui ont été ainsi purifiés des esprits mauvais embrassent la foi et entrent dans l’Église ; d’autres ont une connaissance anticipée de l’avenir, des visions, des paroles prophétiques ; d’autres encore imposent les mains aux malades et leur rendent ainsi la santé ; et même, comme nous l’avons dit, des morts ont été ressuscités et sont demeurés avec nous un bon nombre d’années. Et quoi donc ? Il n’est pas possible de dire le nombre des charismes que, à travers le monde entier, l’Église a reçus de Dieu et que, au nom de Jésus-Christ qui fut crucifié sous Ponce Pilate, elle met en œuvre chaque jour pour le profit des Gentils. »
Irénée considère comme acquis que ces dons surnaturels ne sont ni rares, ni extraordinaires, mais qu’ils font partie de la vie ordinaire de l’Église. Il souligne que la raison pour beaucoup de devenir chrétiens était qu’ils avaient été délivrés d’esprits mauvais. C’est bien parce que l’Empire romain était rempli de personnes affligées par des démons que la délivrance de ces démons était un des dons les plus sollicités – comme c’est le cas de nouveau aujourd’hui. La réputation des chrétiens de pouvoir libérer ceux qui
étaient atteints de ces maux était si répandue que l’éminent philosophe saint Justin Martyr (100-165) en tire profit pour proclamer la vérité de l’Évangile. Voilà ce qu’il écrit au Sénat de Rome :
« Jésus naquit par la volonté du Dieu et Père pour le salut des croyants et la ruine des démons. Vous pouvez vous en convaincre par ce qui se passe sous vos yeux. Il y a dans tout le monde et dans votre ville nombre de démoniaques que ni adjurations, ni enchantements, ni philtres n’ont pu guérir. Nos chrétiens, les adjurant au nom de Jésus-Christ crucifié sous Ponce-Pilate, en ont guéri et en guérissent encore aujourd’hui beaucoup, en maîtrisant et chassant des hommes les démons qui les possèdent. »
Il apparaît clairement que les chrétiens avaient une autorité sur les esprits mauvais que les autres exorcistes recherchaient sans l’obtenir, car cette autorité ne venait que de Jésus seul.
Un autre auteur, Origène, remarque que c’est habituellement les chrétiens les plus ordinaires qui expulsent les démons – pour la plus grande humiliation des démons !
Ceux qui exerçaient ce ministère étaient des plus simples, ce qui montre clairement que le mérite en revenait au Christ et à lui seul.
Attiser l’attente
Dans l’Église primitive, le contexte typique dans lequel un chrétien commençait à manifester les dons de l’Esprit était le baptême. La préparation au baptême était un processus long, qui baptême. La préparation au baptême était un processus long, qui pouvait prendre jusqu’à deux ou trois ans. Au cours de cette période, les catéchumènes (ceux qui se préparent au baptême) recevaient un enseignement sur la doctrine chrétienne. On les encourageait à avoir une grande attente vis-à-vis de leur baptême. Étant donné que nombreux étaient ceux qui avaient jusque-là mené une vie d’idolâtrie païenne et d’immoralité, ils faisaient l’expérience d’une profonde conversion. Ils faisaient en même temps l’expérience de l’amour, de l’accueil et du soutien de la communauté chrétienne, ce qui pour la plupart était tout à fait nouveau. Toute cette préparation culminait dans une expérience forte au cours de la liturgie de Pâques, au cours de laquelle ils étaient plongés dans les eaux du baptême, recevaient l’imposition des mains et/ou l’onction d’huile sacrée pour le don de l’Esprit Saint, et étaient autorisés pour la première fois à participer à l’Eucharistie, la Cène du Seigneur.
Un des premiers témoignages chrétiens nous vient de Cyprien de Carthage, en Afrique du Nord (200-258), qui se convertit quand il était un jeune adulte. Dans une lettre à un ami, il livre un récit émouvant de ce qui s’est passé lors de son baptême :
« Quand les eaux de la régénération eurent nettoyé les impuretés de ma vie passée, la lumière jaillit d’en haut dans mon cœur et l’Esprit me transforma en homme nouveau par une seconde naissance. Alors d’un coup, d’une manière miraculeuse, la certitude remplaça le doute, les mystères furent révélés et la ténèbre devint lumière. Je découvris que je pouvais faire des choses qui jusque-là m’avaient été impossibles…
Alors il fut possible de reconnaître que ce qui était né de la chair et avait vécu dans le péché était terrestre, mais que ce que l’Esprit Saint avait vivifié venait de Dieu. Je n’ai aucun désir de me vanter, mais il est certainement juste de rendre grâces au Seigneur pour ce don gratuit… Dieu répand son Esprit sans mesure… Et par cette grâce, nous recevons le pouvoir en toute pureté de guérir les malades, que ce soit de corps ou d’esprit, de réconcilier des ennemis, de dissiper la violence, de calmer les passions, de sanctionner les démons et de les forcer à dévoiler leur identité, de les punir de coups brusques jusqu’à ce que – en hurlant et en se débattant – ils s’enfuient, terrorisés. »
Cyprien fait l’expérience, d’une manière saisissante, tout à la fois de la puissance sanctifiante – une puissance nouvelle permettant de résister au péché et de vivre pour Dieu – et de la puissance charismatique pour guérir, délivrer et autres dons. Il est intéressant de voir que Cyprien inclut dans les dons de l’Esprit la réconciliation des ennemis et la dissipation de la violence – dons qui se manifestent avec puissance aujourd’hui encore dans notre monde.
Il est frappant de voir à quel point les évêques de l’Église primitive et les autres formateurs cherchaient à attiser chez les catéchumènes le désir de recevoir des dons surnaturels. On pouvait normalement s’attendre à ce que, chez des personnes qui venaient de faire l’expérience d’une nouvelle naissance en Christ, le Saint-Esprit répande ces charismes afin de les équiper pour leur mission de témoins du Christ dans le monde. Tertullien (160-225), par exemple, exhorte les catéchumènes à prier pour ces dons :
« C’est pourquoi, heureux néophytes que la grâce de Dieu a appelés et entendus avec tant de bonté, dès que vous commencez à sortir de ce bain sacré où vous recevez une nouvelle régénération, et à être unis avec vos frères dans le sein de l’Église votre mère, demandez au Père céleste, demandez au Seigneur des biens sacrés, des grâces surnaturelles, des dons du Saint-Esprit. “Demandez, dit Jésus-Christ, et vous recevrez.” »
Le « bain sacré où vous recevez une nouvelle régénération », c’est le baptême et « votre mère » est bien la communauté des croyants, l’Église. « Être unis avec vos frères » faisait référence au fait de lever les mains les paumes ouvertes, position habituelle de l’Église primitive pour louer le Seigneur, comme nous le voyons aujourd’hui encore.
Cyrille (318-386), évêque de Jérusalem, expliquait à ces catéchumènes la façon dont le Saint-Esprit allait répandre différents dons sur eux : « L’Esprit Saint […] distribue ses dons à chacun, selon sa volonté (1 Co 12, 11). Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse ; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore, celui d’interpréter les divines Écritures. »
Cyrille ne se contentait pas simplement de dire ce qu’étaient les dons, il reconnaissait le besoin de réveiller une foi pleine d’attente pour ces dons, voilà pourquoi il poussait les catéchumènes :
« Que chacun se prépare à recevoir le don céleste de prophétie. […] Si vous croyez, non seulement vous recevrez le pardon de vos péchés, mais aussi vous accomplirez des choses bien plus grandes que toute puissance humaine. […] Mes dernières paroles, mes bien-aimés, sont des paroles d’exhortation, vous pressant de préparer vos âmes à recevoir les charismes célestes. »
Un autre évêque, Hilaire de Poitiers (300-368), expliquait que les dons pouvaient d’abord se manifester petitement, pour grandir au fur et à mesure qu’on les exerce : « Nous qui avons reçu par le sacrement de baptême la nouvelle naissance, nous éprouvons une grande joie lorsque nous ressentons en nous les premières avances de l’Esprit Saint, lorsque s’éveillent en nous l’intelligence des mystères, la connaissance des prophéties, la parole de sagesse, les charismes de guérison et la domination sur les démons. Tout cela nous pénètre comme des ondées et, peu à peu, ce que nous avons semé se développe en une moisson abondante. »
Convaincu par les faits
Un des plus grands théologiens de l’Histoire, saint Augustin d’Hippone (354-430), pensait, quand il était jeune évêque, que miracles et autre dons surnaturels ne s’étaient manifestés qu’au cours des premières étapes de croissance de l’Église. Ces charismes, pensait-il, avaient disparu après l’époque des Apôtres. Mais Augustin fut contraint de changer d’avis : il fut témoin de tant de miracles remarquables dans sa propre cathédrale d’Hippone qu’il ne pouvait plus nier que Dieu poursuivait ces miracles en son qu’il ne pouvait plus nier que Dieu poursuivait ces miracles en son temps. Il veilla lui-même à ce que ces merveilleuses œuvres de Dieu soient consignées par écrit pour que personne ne les oublie : « C’est par mes ordres que ces relations ont été dressées, quand j’ai vu se produire, de notre temps, plusieurs miracles semblables à ceux d’autrefois et dont il fallait ne pas laisser perdre la mémoire. Or, il n’y a pas encore deux ans que les reliques de ce martyr sont à Hippone ; et bien qu’on n’ait pas donné de relation de tous les miracles qui s’y sont faits, il s’en trouve déjà près de soixante-dix au moment où j’écris ceci. »
Augustin rapporte les détails de nombreux miracles dans sa grande œuvre La Cité de Dieu. L’un d’eux, qui touche un de ses amis atteint d’une horrible fistule au rectum, lui fait écrire ce qui suit. La personne en question venait d’être opérée et devait subir une seconde intervention. Terrifié par sa souffrance, l’homme priait avec ferveur.
« Les incisions précédentes lui avaient causé tant de douleur qu’il croyait fermement mourir entre les mains des médecins. […] Il commença à prier. Mais qui pourrait exprimer de quelle manière, avec quelle ardeur, quels transports, quels torrents de larmes, quels gémissements et quels sanglots, tellement enfin que tous ses membres tremblaient et qu’il était comme suffoqué ! Je ne sais si les autres priaient et si tout cela ne les détournait point ; pour moi, je ne le pouvais faire, et je dis seulement en moi-même ce peu de mots : “Seigneur, quelles prières de vos serviteurs exaucerez-vous, si vous n’exaucez pas
Le jour venu, ce jour tant appréhendé, […] Les médecins entrent ; […] on tire les redoutables instruments ; chacun demeure interdit et en suspens. Ceux qui avaient le plus d’autorité encouragent le malade, tandis qu’on le met sur son lit dans la position la plus commode pour l’incision ; on délie les bandages, on met à nu la partie malade, le médecin regarde, cherche de l’œil et de la main l’hémorroïde qu’il devait ouvrir. Enfin, après avoir exploré de toute façon la partie malade, il finit par trouver une cicatrice très ferme ! Il n’y a point de paroles capables d’exprimer la joie, le ravissement et les actions de grâces de tous ceux qui étaient présents. Ce furent des larmes et des exclamations que l’on peut s’imaginer, mais qu’il est impossible de rendre. »
Remarquons bien que, pour cette guérison comme pour beaucoup d’autres, personne de particulièrement célèbre pour son don de guérison n’est intervenu ; il n’y avait là qu’une personne souffrante entourée de ses amis, qui priaient tous avec ferveur pour que le Seigneur la guérisse.
Prophétie et visions
Au cours des premiers siècles, les prophètes continuent de jouer un rôle clé dans l’Église, comme c’était le cas au temps des Apôtres. Il pouvait s’agir d’hommes ou de femmes, de personnes jeunes ou plus âgées, de laïcs ou de clercs. Irénée dit à quel point, à cette époque, la prophétie est courante :
« Nous entendons parler des nombreux frères dans l’Église qui ont des charismes de prophétie et parlent toutes sortes de langues par l’Esprit ; charismes de prophétie et parlent toutes sortes de langues par l’Esprit ; qui mettent en lumières des choses cachées des hommes pour leur bien et qui exposent les mystères de Dieu. »
Il fait aussi mention des faux prophètes, mais tance vertement les responsables d’Église de ne pas prendre comme prétexte qu’il y a de fausses prophéties pour en profiter pour rejeter le vrai don de prophétie. Justin le Martyr signale également que de faux comme de vrais prophètes agissent dans l’Église à cette époque.
Dans l’Afrique du Nord du troisième siècle, Cyprien relate que même de très jeunes garçons avaient des visions surnaturelles et que les responsables de l’Église y prêtaient attention, reconnaissant que le Seigneur les avertissait et les enseignait à travers ces visions. Des synodes d’évêques tenaient même compte de ces messages prophétiques lorsqu’ils choisissaient des personnes pour des postes dans l’Église. Par exemple, un homme du nom de Celerinus fut adjoint au clergé à la suite d’une révélation prophétique. Comme il hésitait à accepter, l’Église elle-même, dans une vision nocturne, l’a forcé à ne pas opposer de refus.
Tertullien décrit une femme dans son église que tous tenaient en haute estime à cause des dons exceptionnels qu’elle possédait :
« Nous avons parmi nous une sœur qui a reçu plusieurs dons de révélation, elle reçoit dans l’Esprit des visions extatiques au cours de la célébration des rites sacrés du jour du Seigneur à l’église : elle parle avec les anges, et parfois même avec le Seigneur ; elle voit et entend des
communications mystérieuses ; parfois, elle comprend le cœur des hommes, et à ceux qui en ont besoin, elle distribue des remèdes. »
Après la célébration dominicale, cette femme partageait fidèlement ses révélations au clergé, qui les examinait avec grand soin pour discerner si elles étaient conformes à la vérité.
Les chrétiens qui allaient être soumis au martyre semblent avoir reçu des grâces prophétiques particulièrement fortes. Un des documents les plus remarquables de l’Église primitive est le récit du martyre de sainte Perpétue. C’était une jeune femme noble d’Afrique qui était devenue croyante. Très rapidement après sa conversion, elle fut emprisonnée avec quatre autres convertis, dont une esclave enceinte du nom de Félicité. Le frère de Perpétue était effondré à l’idée de sa mort proche, aussi la supplia-t-il de demander au Seigneur une vision qui lui montrerait si c’était la mort ou la liberté qui l’attendait. Elle lui promit avec assurance : « Demain, je te donnerai la réponse. »
Ce soir-là, elle reçut une vision. Elle vit une échelle dorée atteignant le ciel, avec glaives, lances, crocs, coutelas, épieux accrochés à ses flancs. Sous cette échelle était tapi un énorme dragon, prêt à sauter sur quiconque tenterait de l’emprunter. Elle vit un frère converti du nom de Saturus qui grimpait à l’échelle et se tournait vers elle en lui disant : « Perpétue, je vous attends, mais veillez à ne pas vous faire mordre par ce dragon. » Dans son journal, Perpétue décrit plus tard son rêve :
« Je lui répondis : “Il ne me fera pas de mal, au nom de Jésus-Christ.” Et de dessous l’échelle, comme si elle me craignait, la bête lentement se détourna ; en guise de premier échelon à gravir, je lui foulai la tête et je montai. Et je vis un jardin immense : au milieu était assis un homme à cheveux blancs, en habits de berger, de haute taille, occupé à traire ses brebis. Autour de lui, vêtus de blanc, plusieurs milliers de personnes. Il se leva, me regarda et me dit : “Vous êtes la bienvenue, mon enfant.” Il m’appela, et du lait caillé fort épais qu’il semblait traire, il me donna comme une bouchée ; je la reçus les mains jointes et la mangeai ; et tous les assistants dirent : Amen. »
Perpétue se réveilla, comme entourée d’une douceur indescriptible. Elle raconta à son frère sa vision et ils comprirent qu’elle allait bientôt avoir part aux souffrances du Christ. Avec ses compagnons chrétiens, elle affronta la perspective du martyre avec tant de sérénité qu’à cause de leur témoignage, le geôlier devint chrétien, bien qu’il sût que cela signifiait pour lui une mort certaine.

Il est clair pour Luc que lorsque l’Esprit Saint vient en une personne, il y a une manifestation visible. Que ce soit le parler en langues, la prophétie, la louange ou la prédication avec audace, il semble y avoir toujours une manifestation verbale.
Accomplir l’Évangile est davantage que l’annoncer, davantage que les paroles que nous proclamons. C’est aussi ce que le Christ a fait à travers nous.
Il est clair pour Luc que lorsque l’Esprit Saint vient en une personne,il y a une manifestation visible. Que ce soit le parler en langues,la prophétie,la louange ou la prédication avec audace, il semble y avoir toujours une manifestation verbale.
Dieu repend son Esprit en abondance.IL nous comble de grâces pour l’annonce du royaume et l’édification de son peuple à travers l’évangélisation,guérison des malades, sanctionner les demons
La puissance de l’Esprit n’a jamais quitté l’Église. Dans les Actes comme chez les Pères de l’Église, les dons spirituels sont le moyen normal de manifester le Royaume de Dieu. Chaque chrétien est appelé à attendre, désirer, recevoir et exercer ces dons, dans la sainteté, l’amour et la foi.
Elle raconta à son frère sa vision et ils comprirent qu’elle allait bientôt avoir part aux souffrances du Christ. Avec ses compagnons chrétiens, elle affronta la perspective du martyre avec tant de sérénité qu’à cause de leur témoignage, le geôlier devint chrétien, bien qu’il sût que cela signifiait pour lui une mort certaine.
《 Mon langage, ma proclamation de l’évangile n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’ Esprit et sa puissance qui se manifestaient 》.
Avant de monter au ciel, Jésus confie à ses disciples la mission d’évangéliser toutes les nations, mais leur demande d’attendre d’abord la puissance du Saint-Esprit. Cette puissance, manifestée par les dons spirituels, est indispensable pour accomplir cette mission. Ces dons ne sont pas réservés à une élite, mais sont offerts à tous les croyants comme un équipement normal pour l’évangélisation. Dès les débuts de l’Église, des chrétiens ordinaires exerçaient ces dons. Leur redécouverte aujourd’hui est donc un retour à l’intention originelle de Jésus.
Il est clair pour Luc que lorsque l’Esprit Saint vient en une personne,il y a une manifestation visible. Que ce soit le parler en langues,la prophétie,la louange ou la prédication avec audace, il semble y avoir toujours une manifestation verbale.