JOUR 5 : L’ESPRIT DU SEIGNEUR EST SUR MOI (suite)
Jesus expose sa mission
Jésus l’explique lui-même dans son sermon inaugural, à la synagogue de sa ville natale, Nazareth. Ce sermon était sa « déclaration de mission », résumant toute l’étendue de cette mission. Il lit un extrait du prophète Isaïe que nous citions au début de ce chapitre :
« Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
“L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles,
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.”
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : “Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.” »
Jésus comprenait ce passage d’Isaïe comme une prophétie de lui-même. « L’Esprit du Seigneur est sur moi » fait référence à son baptême, au moment où l’Esprit Saint est venu sur lui. Dans l’Ancien Testament, les rois d’Israël étaient oints d’huile, mais l’huile avec laquelle Jésus a été oint, c’est l’Esprit Saint. Et sa mission, telle qu’il la décrit ici, était d’aller dans les lieux les plus sombres, partout où des hommes et femmes sont liés, aveugles, malades et opprimés, pour proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et le manifester en libérant son peuple. Sa mission était d’évangéliser non seulement en paroles, mais par des actes de puissance.
En s’appliquant ce passage à lui-même, Jésus attribuait toute l’activité de son ministère public – ses guérisons, ses miracles, ses exorcismes, ses prédications avec autorité, inaugurant le Royaume de Dieu dans la puissance – à l’onction de l’Esprit Saint parfaitement impartie dans sa nature humaine.
De même que le baptême dans l’Esprit de Jésus était le fondement de sa mission tout entière, le baptême dans l’Esprit que ses disciples allaient recevoir deviendrait le fondement de leur mission. Même le mot « chrétien » véhicule cette vérité. Comme Théophile d’Antioche, père de l’Église du deuxième siècle, écrit :
il à pourquoi nous sommes appelés chrétiens [christianoi] : parce que nous sommes oints [chriometha] de l’huile de Dieu. » Être « chrétien » signifie être oint, être un « petit Christ », qui a reçu l’Esprit de Jésus pour une mission modelée sur celle de Jésus lui-même. Ce qui signifie que tout chrétien a une « mission Isaïe » dans les lieux où le Seigneur nous a placés, pour montrer la réalité du Royaume, libérer les captifs, guérir les cœurs brisés, repousser les influences néfastes et remplacer le chagrin par la joie.
Jésus lui-même exerçait les dons spirituels
Jésus est notre modèle dans la pratique des dons de l’Esprit, car c’est lui le premier qui les a adoptés. Comme saint Thomas d’Aquin, théologien du Moyen Âge l’enseigne :
« Le Christ est le premier et le principal Maître de l’enseignement spirituel et de la foi, selon l’épître aux Hébreux (2, 3). […] Il est donc manifeste que le Christ a dû, comme premier et principal Docteur de la foi, posséder excellemment tous les charismes. »
Étudions certaines des façons dont Jésus a manifesté les dons de l’Esprit dans son ministère. Les plus évidents étaient les guérisons et les miracles, mais il en a pratiqué d’autres également. Dans tous les cas, les dons étaient puissamment efficaces pour sa prédication du Royaume et pour attirer les foules afin qu’elles aient foi en lui.
La parole de connaissance
Le don de la parole de connaissance est évident dans la conversation de Jésus avec la Samaritaine au puits. Jésus est assis au bord du puits quand la femme vient accomplir sa tâche quotidienne de tirer l’eau. Il engage la conversation avec elle et lui offre « l’eau de la vie » qui va apaiser sa soif la plus profonde. Elle semble intéressée, bien qu’un peu sceptique. Elle le met au défi :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits ? »
Jésus lui explique que l’eau qu’il veut lui donner est une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle, mais elle ne le comprend pas. Elle croit qu’il veut lui offrir une source cachée d’eau vive. Jésus alors amène la conversation à un autre niveau en lui révélant des choses qu’il n’a pas pu connaître par des voies naturelles :
« Jésus lui dit : “Va, appelle ton mari, et reviens.” La femme répliqua : “Je n’ai pas de mari.” Jésus reprit : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” »
Nous pouvons aisément imaginer la femme ébranlée, surprise. Jésus vient de lui exposer un domaine de péché et de blessure de sa vie qu’elle a caché probablement à grande dose d’énergie. Sa vie n’a été qu’une série de relations brisées et de rejets répétés. Elle a été infidèle au plan de Dieu pour le mariage. Mais, en regardant face, elle ne lit aucune condamnation, rien qu’une profondeur d’amour et de miséricorde dont elle n’a jamais fait l’expérience. Il est le Médecin divin et s’il expose une blessure, ce n’est que pour la guérir.
La parole de connaissance que Jésus lui adresse avec douceur et respect est exactement ce dont son cœur a besoin pour s’ouvrir. Elle comprend subitement qu’elle n’est pas en face d’un homme ordinaire :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !… Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
À ce stade, son cœur est suffisamment ouvert pour accueillir la révélation de Jésus sur sa véritable identité. Et la réponse du Christ est là : « Je le suis, moi qui te parle. »
Elle comprend alors qu’elle est en présence du Messie et Seigneur lui-même. Elle oublie tout, jusqu’à sa jarre d’eau, car elle a été abreuvée de l’eau vive, cette eau dont l’Évangile nous dit plus loin qu’elle n’est autre que le Saint-Esprit. Elle court alors vers son village et dit à tous ceux qui veulent bien l’entendre : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
Son message est de toute évidence incomplet, il n’est ni éloquent, ni bien tourné théologiquement. Et, cependant, il est d’une efficacité spectaculaire.
Ce qui convainc ceux qui l’entourent, c’est la transformation et la joie sur le visage de cette femme, évidentes à l’œil nu. Cette femme jusque-là isolée, bannie, est désormais pardonnée, guérie, réconciliée avec Dieu et remplie de l’eau vive qu’il a abondamment répandue sur elle. Son témoignage est si fort que toute la ville croit en Jésus.
Autre exemple de Jésus donnant une parole de connaissance, lorsque les collecteurs d’impôts lui demandent s’il paie la taxe du Temple. Il répond par l’affirmative, puis donne une leçon à Pierre sur l’abandon à la Providence divine :
« Va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »
Jésus savait, par une révélation surnaturelle de l’Esprit, que la pièce de quatre drachmes se trouvait dans la bouche du poisson.

Christ est le premier et le principal Maître de l’enseignement spirituel et de la foi,
Il est le Médecin divin et s’il expose une blessure, ce n’est que pour la guérir.
Il est le Médecin divin et s’il expose une blessure, ce n’est que pour la guérir.
Jésus est notre modèle dans la pratique des dons de l’Esprit, car c’est lui le premier qui les a adoptés. Comme saint Thomas d’Aquin, théologien du Moyen Âge l’enseigne :
sa mission, telle qu’il la décrit ici, était d’aller dans les lieux les plus sombres, partout où des hommes et femmes sont liés, aveugles, malades et opprimés, pour proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et le manifester en libérant son peuple. Sa mission était d’évangéliser non seulement en paroles, mais par des actes de puissance.
Jésus est notre modèle dans la pratique des dons de l’Esprit, car c’est lui le premier qui les a adoptés.
Jésus inaugure son ministère à Nazareth en proclamant qu’il est l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe : l’Esprit du Seigneur est sur lui pour guérir, libérer et annoncer la Bonne Nouvelle. Son baptême dans l’Esprit est la source de sa mission, et chaque chrétien, oint comme lui, partage cette même vocation. Jésus exerce les dons spirituels avec puissance, non seulement les guérisons et miracles, mais aussi la parole de connaissance. À la Samaritaine, il révèle sa vie cachée avec compassion, provoquant sa conversion et l’évangélisation de tout son village. Il démontre également une parole de connaissance en indiquant à Pierre où trouver une pièce dans un poisson. Ces dons ne sont pas des exceptions mais des modèles pour les disciples. Être chrétien, c’est vivre de l’Esprit et manifester le Royaume.
Ce qui convainc ceux qui l’entourent, c’est la transformation et la joie sur le visage de cette femme, évidentes à l’œil nu. Cette femme jusque-là isolée, bannie, est désormais pardonnée, guérie, réconciliée avec Dieu et remplie de l’eau vive qu’il a abondamment répandue sur elle. Son témoignage est si fort que toute la ville croit en Jésus.
Autre exemple de Jésus donnant une parole de connaissance, lorsque les collecteurs d’impôts lui demandent s’il paie la taxe du Temple. Il répond par l’affirmative, puis donne une leçon à Pierre sur l’abandon à la Providence divine :
« Va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »
JÉSUS est notre modèle dans la pratique des dons de l’Esprit, car c’est lui le premier qui les a adopté.
Jésus explique lui-même dans son sermon inaugural à Nazareth que sa mission est prophétisée par Isaïe. Il déclare que l’Esprit du Seigneur est sur lui pour annoncer la bonne nouvelle, guérir les cœurs brisés, libérer les captifs, et proclamer une année de bienfaits
sa mission, telle qu’il la décrit ici, était d’aller dans les lieux les plus sombres, partout où des hommes et femmes sont liés, aveugles, malades et opprimés, pour proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et le manifester en libérant son peuple. Sa mission était d’évangéliser non seulement en paroles, mais par des actes de puissance.