JOUR 16 : CONTEXTE THÉOLOGIQUE (suite)
L’efficacité de la renonciation
La première expression de cette liberté et autorité que le Christ nous a confiées est de renoncer au malin, à ses oeuvres et à tous ses artifices dans notre vie. La renonciation est une part importante de la délivrance à cause du rôle clé joué par le consentement dans tout lien spirituel contracté (et la frontière poreuse entre oppression et lien spirituel). Renoncer au lien et à la force mauvaise sous-jacente ferme la porte que nous avions ouverte par notre libre volonté. Cela devrait se faire de façon explicite, à haute voix et en toute sincérité, pour renverser l’engagement que nous avons pris en consentant à un mensonge (que cela ait été conscient ou non). La renonciation est vraiment efficace pour deux raisons : d’abord simplement à cause de la capacité naturelle de la volonté, cette même volonté par laquelle nous avons librement consenti au départ ; ensuite, et encore davantage, à cause de la liberté et de l’autorité que le Christ nous a octroyées pour combattre le malin dans notre vie en son nom.
Le rôle des ordres directs
Un autre élément central de la délivrance est d’adjurer le mauvais esprit, c’est-à-dire de lui donner un ordre au nom de Dieu ou de Jésus. L’adjuration est « l’invocation de Dieu ou d’une chose sainte ou d’un saint, dans le but d’induire quelqu’un à faire ou à omettre quelque chose ». Dans le cas de la délivrance, cela signifie que l’on invoque le nom de Jésus pour commander à l’esprit de cesser d’affliger la personne et de partir. Cela fait partie de la délivrance, car c’est la façon dont Jésus et ses disciples chassent les démons et cela a été repris par l’Église. Il ne suffit habituellement pas de reprendre notre consentement à un mensonge, car nous ne traitons pas seulement avec nous-mêmes mais avec un autre.
Ici encore, nous mettons simplement en acte l’autorité que le Seigneur nous a donnée sur les esprits mauvais dans nos vies et dans la vie des autres, ce qui est reconnu dans la tradition catholique. Saint Thomas d’Aquin disait ceci : « Il est écrit : “En mon nom ils chasseront les démons”. Inciter quelqu’un à faire une chose précise pour le salut du nom de Dieu est adjurer. Il est donc légitime d’adjurer les démons. » En tant qu’exercice de l’autorité que Dieu nous a confiée, l’adjuration est légitime et efficace.
Commander à un esprit de partir devrait généralement se faire après que la personne affligée ait renoncé à ces choses qui donnent une porte d’accès à l’influence maligne (3.5.2). Sinon les esprits mauvais conservent un droit d’accès à cette personne, et l’ordre peut apporter un soulagement temporaire tout en ne garantissant pas une liberté durable.
Les limites du ministère de délivrance
Bien que le ministère de délivrance soit vraiment efficace, il est important de se rappeler que ce n’est ni un sacrement, ni un sacramental. La foi catholique soutient que les sept sacrements sont efficaces par le fait même que l’action est accomplie, en dehors de toute disposition humaine. « Le sacrement n’est pas réalisé par la justice de l’homme qui le donne ou le reçoit, mais par la puissance de Dieu. » Cependant, recevoir en plénitude les fruits du sacrement dépend de la disposition de foi. De la même façon, les sacramentaux sont efficaces par la prière et la sainteté de l’Église, bien que là aussi une disposition de foi soit nécessaire.
Le ministère de délivrance est comme les sacrements et les sacramentaux en ce que sa source ultime est la puissance de salut et la grâce débordante du Christ pour nous par son Église. Mais à la différence de ce qui se passe pour sacrements et sacramentaux, l’Église ne s’engage pas en institutionnalisant une pratique à travers un rite. Ce qui est le plus décisif, c’est la foi et l’intégrité morale de celui qui exerce le ministère de délivrance et (dans les cas de lien spirituel, là où il y a eu consentement) la démarche libre de la personne affligée de renoncer à l’influence maligne et de choisir de laisser le Christ régner dans sa vie.

Le ministère de délivrance est comme les sacrements et les sacramentaux en ce que sa source ultime est la puissance de salut et la grâce débordante du Christ pour nous par son Église
Le ministère de délivrance est comme les sacrements et les sacramentaux en ce que sa source ultime est la puissance de salut et la grâce débordante du Christ pour nous par son Église. Mais à la différence de ce qui se passe pour sacrements et sacramentaux, l’Église ne s’engage pas en institutionnalisant une pratique à travers un rite. Ce qui est le plus décisif, c’est la foi et l’intégrité morale de celui qui exerce le ministère de délivrance et (dans les cas de lien spirituel, là où il y a eu consentement) la démarche libre de la personne affligée de renoncer à l’influence maligne et de choisir de laisser le Christ régner dans sa vie.
Le ministère de délivrance est comme les sacrements et les sacramentaux en ce que sa source ultime est la puissance de salut et la grâce débordante du Christ pour nous par son Église. Mais à la différence de ce qui se passe pour sacrements et sacramentaux, l’Église ne s’engage pas en institutionnalisant une pratique à travers un rite. Ce qui est le plus décisif, c’est la foi et l’intégrité morale de celui qui exerce le ministère de délivrance et (dans les cas de lien spirituel, là où il y a eu consentement) la démarche libre de la personne affligée de renoncer à l’influence maligne et de choisir de laisser le Christ régner dans sa vie.