JOUR 25 : DIRECTIVES PASTORALES (suite)
Derniers conseils
Après avoir conclu le ministère de délivrance, nous devons donner des indications à la personne pour qu’elle sache comment se garder libre des esprits mauvais en approfondissant sa relation au Christ dans l’Église. Ce qui inclut la vie sacramentelle, la prière personnelle et la lecture de la Parole, en rejetant le péché, en grandissant en vertu, en participant à un petit groupe ou une communauté quels qu’ils soient, et en ayant recours aux sacramentaux comme l’eau bénite. Ce qui lui permettra également d’établir pas à pas la discipline d’une vie saine et de remplir les tâches normales propres à son état de vie.
Un autre moyen puissant de consolider la victoire obtenue sur les esprits mauvais – et que l’on néglige trop souvent – est de louer et glorifier Dieu. Nous pouvons louer Dieu dans nos coeurs tout au long du jour, au cours de réunions de prière avec des frères, et surtout dans l’Eucharistie. À la messe nous célébrons la victoire définitive du Christ sur Satan, nous gardons les yeux fixés sur le Seigneur et nous lui rendons gloire et grâce en compagnie des fidèles – et tout cela en soi nous libère « de tous les pièges du malin, de toutes les idolâtries qui mentent pour nous traquer et nous asservir ».
Si au cours du ministère il est apparu que la personne gardait des péchés non confessés ou portait des péchés précisément liés à l’influence maligne (par exemple l’amertume, le refus de pardonner, la jalousie ou la luxure), nous l’encouragerons à avoir recours au sacrement de réconciliation dès que possible.
Si la personne a été impliquée dans l’occultisme, nous devons lui recommander de purifier sa maison et sa vie de tous les objets malsains qu’elle détiendrait, y compris jeux occultes, livres, fétiches, amulettes, statues, symboles, etc. À leur place elle mettra des images saintes, des icônes ou des statues pour qu’elles lui rappellent le Seigneur et élèvent son âme vers les réalités d’en-haut.
Prière finale
Il est toujours bon d’achever le ministère de délivrance par une prière dans la joie, en rendant grâce à Dieu et en le bénissant pour ce qu’il a fait. Nous pouvons aussi faire une prière de purification en demandant au Seigneur de nous protéger de tout mal et de nous libérer de toute
influence spirituelle mauvaise que nous aurions pu « attraper » au cours du ministère (surtout si nous sommes vulnérables dans le même domaine que la personne pour qui nous venons de prier). Il vaut mieux éviter les prières de purification longues et compliquées, qui pourraient susciter la peur et attirer l’attention inutilement sur les démons. Nous devons éviter toute peur malsaine de représailles des mauvais esprits contre ceux qui ont exercé le ministère. Un Père de l’Église du troisième siècle, Origène, exhorte :
« Les chrétiens n’ont rien à craindre, même si les démons ne sont pas bien disposés envers eux ; car ils sont protégés par le Dieu suprême qui se réjouit de leur piété et qui établit ses anges divins pour veiller sur ceux qui sont dignes d’être protégés, pour qu’ils n’aient rien à craindre des démons… “Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? Qu’une armée se déploie devant moi, mon coeur est sans crainte”. »
De la même façon sainte Thérèse d’Avila conseille :
« Je me moquerai de tous les démons, et ce seront eux qui auront peur de moi. Je ne comprends pas ces craintes qui nous font dire : “le démon, le démon”, quand nous pouvons dire : “Dieu, Dieu”, et faire ainsi trembler notre ennemi. Et ne savons-nous pas qu’il ne peut faire le moindre mouvement, si le Seigneur ne le lui permet ? Que signifient donc toutes ces terreurs ? Quant à moi, c’est certain, je redoute bien plus ceux qui craignent tant le démon, que le démon lui-même. Car pour lui, il ne saurait me faire de mal. »
Et sainte Thérèse de Lisieux, qui à l’âge de quatre ans fait un rêve où elle voit les diables s’enfuir d’elle terrorisés, écrit :
« Une âme en état de grâce n’a rien à craindre des démons qui sont des poltrons capables de se sauver devant le regard d’un petit enfant !»
5. Des suites de la délivrance
Comme nous le disions page 54, la délivrance n’est jamais une fin en soi. Si l’on est libéré d’une influence démoniaque, c’est toujours pour le bien d’une libération pour la plénitude de la vie dans notre relation à Dieu. Cette plénitude provient de nos relations d’amour don de soi envers Dieu et nos frères, en fonction de notre vocation personnelle et dans toutes les circonstances de la vie. Comme l’enseigne le Concile Vatican II : « L’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. » La libération d’une oppression démoniaque nous donne la force de recevoir et de donner l’amour avec une plus grande authenticité et sans égoïsme.
Dans la mesure du possible, le ministère de délivrance doit toujours être exercé dans un environnement qui permettra de grandir dans la vie chrétienne à travers la vie de prière personnelle et communautaire, la lecture de la Parole, le soutien de frères et soeurs, et les grâces particulières offertes par les sacrements. Effectuer une délivrance chez une personne non convertie et la renvoyer simplement poursuivre sa route dans le monde serait vraiment un mauvais service à lui rendre et reviendrait à mettre la personne en danger de retomber dans un lien spirituel plus profond.
Une fois délivrée, la personne demeure fragile dans les domaines particuliers sur lesquels portait la délivrance. Elle devra faire des démarches pour changer des modèles de pensée bien établis. Une personne liée par un esprit de pornographie devra par exemple déplacer son ordinateur dans un lieu public, faire partie d’un groupe de soutien, mettre en place un rythme de prière quotidienne, et établir un plan concret à mettre en oeuvre en cas de nouvelle tentation.
Dans certains cas, il apparaît évident que la personne souhaitant recevoir la délivrance veut que son problème soit résolu tout en ne désirant pas être sauvée par le Christ. Elle veut que ses affaires soient vite réglées pour pouvoir reprendre sa vie d’avant, loin de Dieu. Le ministre de la délivrance devra veiller à corriger cette mentalité dans la mesure du possible, expliquant qu’une délivrance ne peut jamais durer ni être pleinement accomplie sans une conversion au Christ et sans qu’on se laisse emplir par l’Esprit Saint. Nous ne pouvons cependant jamais forcer une personne ; il faut toujours avoir un profond respect pour la libre volonté de chacun. Jésus a guéri des malades même dans les cas où ils ne semblaient avoir aucune envie d’établir une relation avec lui. Nous pouvons donc laisser la personne aller et la confier dans la prière au Seigneur, espérant qu’il y aura un temps où elle décidera de s’abandonner au Christ.

Les chrétiens n’ont rien à craindre, même si les démons ne sont pas bien disposés envers eux ; car ils sont protégés par le Dieu suprême qui se réjouit de leur piété et qui établit ses anges divins pour veiller sur ceux qui sont dignes d’être protégés, pour qu’ils n’aient rien à craindre des démons… “Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? Qu’une armée se déploie devant moi, mon coeur est sans crainte”. »
Une âme en état de grâce n’a rien à craindre des démons qui sont des poltrons capables de se sauver devant le regard d’un petit enfant !
Le ministre de la délivrance devra veiller à corriger cette mentalité dans la mesure du possible, expliquant qu’une délivrance ne peut jamais durer ni être pleinement accomplie sans une conversion au Christ et sans qu’on se laisse emplir par l’Esprit Saint.
Je me moquerai de tous les démons, et ce seront eux qui auront peur de moi. Je ne comprends pas ces craintes qui nous font dire : “le démon, le démon”, quand nous pouvons dire : “Dieu, Dieu”, et faire ainsi trembler notre ennemi. Et ne savons-nous pas qu’il ne peut faire le moindre mouvement, si le Seigneur ne le lui permet ? Que signifient donc toutes ces terreurs ? Quant à moi, c’est certain, je redoute bien plus ceux qui craignent tant le démon, que le démon lui-même. Car pour lui, il ne saurait me faire de mal.