JOUR 24 : DIRECTIVES PASTORALES (suite)
Renoncer aux oeuvres de Satan
La renonciation est liée à la repentance, mais elle est plus large car elle ne s’applique pas seulement au péché mais aux autres effets du malin qui nous a retenus captifs, comme la peur, la culpabilité, la honte. Pour être libéré de l’oppression de Satan, il faut prendre la responsabilité des voies dont nous nous sommes accommodés ou auxquelles nous avons consenti dans leur influence négative. Nous devons choisir de les rejeter dans l’autorité du nom de Jésus. Dans le rite du baptême des adultes, on demande au candidat : « Renoncez-vous à Satan… à toutes ses oeuvres… et à tous ses artifices ? » C’est une invitation à refuser, rejeter et briser tous les liens avec l’influence de l’ennemi – une invitation que nous embrassons à chaque fois que nous renouvelons les promesses de notre baptême.
Une part importante du ministère de délivrance est d’amener la personne à renoncer à tout esprit qu’elle sait à l’oeuvre dans sa vie, surtout celui qui viendrait à la lumière lorsque l’on fait mémoire des blessures du passé. Cela peut inclure par exemple des schémas négatifs de pensée, des mensonges, un lien malsain à une personne, ou un engagement passé dans l’occultisme. Une renonciation devient efficace quand elle est spécifique. Par exemple : « Je renonce à un esprit de honte dans le nom de Jésus. Je renonce à un esprit d’abandon dans le nom de Jésus. » Le ministre de la délivrance peut aussi être conduit par le Saint-Esprit à mentionner certains esprits qu’il sent à l’oeuvre. Cependant, veillons à parler prudemment, en respectant la personne affligée et en la laissant libre de confirmer ou non ce que nous sentons.
La parole de commandement
Comme nous le signalions page 83, les ordres directs aux démons ont une place importante dans la délivrance. Grâce à la foi et au baptême en Christ, les démons sont sujets à notre autorité. Ce qui ne signifie pas cependant que l’on puisse user de commandements directs en toute occasion. Dans certains contextes, ils ne seront d’aucune aide ; par exemple, commander aux démons peut effrayer la personne affligée si l’on ne peut prendre le temps de lui donner des explications. Servons-nous de notre bon sens pour discerner quand y avoir recours ou pas. Dans certaines circonstances, il sera mieux de commander aux démons silencieusement ; par exemple dans le cas d’un prêtre qui au confessionnal sent que le pénitent peut avoir besoin de délivrance mais qui ne sait pas si ce dernier a conscience de ce que c’est. Bien que les démons ne puissent lire dans nos esprits, n’ayons aucun doute, Dieu veillera à ce qu’ils entendent ces ordres silencieux.
Il est important de maintenir une distinction de base : nous ne donnons pas d’ordre à Dieu. Nous prions Dieu (ce qui signifie plaider ou supplier), notre Créateur et Seigneur, avec respect et amour. D’autre part, nous ne plaidons pas avec les démons. La seule bonne manière de traiter avec eux est par les ordres. Dans le langage traditionnel, nous les adjurons, ce qui signifie que nous les commandons au nom de Dieu ou de Jésus.
La parole de commandement doit être très simple. Par exemple : « Esprit de luxure, au nom de Jésus je te commande de cesser d’affliger cette personne. Laisse-la et ne reviens pas. » Voilà la façon dont saint Paul s’adresse à l’esprit de divination qui affligeait une jeune fille : « Au nom de Jésus-Christ, je te l’ordonne : Sors ! » Il n’est pas nécessaire de dire au démon où aller, même si l’on peut dire des choses comme : « Va au pied de la croix » ou « Va voir Jésus-Christ ». Bien sûr on n’aura jamais recours à des pratiques superstitieuses comme de dire au démon de partir vers une personne sainte ou vers un lieu terrestre.
La personne peut aussi se joindre à cet ordre si elle le désire. Cela peut l’aider à comprendre et à prendre autorité sur les esprits mauvais qu’elle a en Christ.
Il n’y a aucune raison de crier ou tempêter quand on commande aux démons ; cela ne fera que convaincre les démons que nous ne sommes pas sûrs de notre autorité dans le Christ. Cela pourra aussi inutilement effrayer la personne affligée, qui pourra se méprendre et croire qu’on crie après elle. Notre attention doit toujours se centrer sur la personne. Nous devons veiller à la traiter avec une compassion inébranlable, du respect et de la douceur.
Comment savoir si le mauvais esprit ou les esprits ont effectivement bien été chassés ? Souvent la personne affligée sentira quelque chose sortir d’elle. Elle pourra avoir un sentiment de soulagement ou de liberté. Il y a souvent un changement évident, quand la personne devient paisible et calme. De plus, si dans l’équipe une personne a le charisme de discernement des esprits, ce don permettra d’aider à discerner s’il reste un quelconque esprit.
Que se passe-t-il si les mauvais esprits n’ont pas été chassés ? Parfois une personne aura besoin de plusieurs sessions de délivrance sur plusieurs semaines ou mois, surtout si les mauvais esprits sont profondément enracinés dans divers domaines de la vie de la personne. Il peut y avoir plusieurs couches de lien spirituel. La personne peut avoir besoin de temps pour permettre à certains domaines de blessures de venir à la lumière, et exposer des schémas de péché et de lien. Nous devons également nous rappeler les paroles de Jésus à propos de certains démons : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière » ou grâce à une grande foi. Dans ces cas-là, nous pouvons rassurer la personne en insistant sur son courage et en lui disant combien elle est déjà avancée dans un processus de repentance, pardon et renoncement. Nous pouvons affirmer que le Père se réjouit en elle et a encore davantage pour elle. Nous pouvons l’encourager à poursuivre sa quête du Seigneur et à venir recevoir la prière de nouveau quand elle sera prête.
Prière pour une effusion de l’Esprit Saint
Chasser le démon n’est que la moitié du travail de délivrance. La place auparavant occupée par l’ennemi doit maintenant être remplie de l’Esprit Saint, qui est l’amour de Dieu répandu en nos coeurs. Nous ne devons jamais achever une session de délivrance en laissant cette place libre. Invitons au contraire la personne à demander à l’Esprit Saint de venir remplir le domaine de sa
vie où elle était auparavant liée et oppressée. Nous prierons alors pour une effusion de l’Esprit Saint en son coeur. Nous pouvons prier particulièrement pour que l’Esprit de vérité vienne remplacer les mensonges et la confusion qui régnaient en son coeur par la vérité de Jésus ; pour que l’Esprit de paix remplace la peur et l’angoisse ; pour que l’Esprit de joie remplace la tristesse et la déprime ; pour que l’Esprit de sainteté remplace l’impureté ; pour que l’Esprit d’amour remplace la haine et l’amertume. Il est vraiment important de proclamer la bénédiction sur la personne, en proclamant la vérité de son identité comme fils ou fille bien-aimée de Dieu. L’Esprit Saint agit quand la vérité est exprimée verbalement, apportant la confirmation.
Jésus nous apprend à solliciter l’Esprit Saint avec une confiance sans limites :
« En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou lui donnera un scorpion quand il demande un oeuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Il n’y a aucune raison de crier ou tempêter quand on commande aux démons ; cela ne fera que convaincre les démons que nous ne sommes pas sûrs de notre autorité dans le Christ. Cela pourra aussi inutilement effrayer la personne affligée, qui pourra se méprendre et croire qu’on crie après elle. Notre attention doit toujours se centrer sur la personne. Nous devons veiller à la traiter avec une compassion inébranlable, du respect et de la douceur.
Chasser le démon n’est que la moitié du travail de délivrance. La place auparavant occupée par l’ennemi doit maintenant être remplie de l’Esprit Saint.
Nous ne devons jamais achever une session de délivrance en laissant cette place libre. Invitons au contraire la personne à demander à l’Esprit Saint de venir remplir le domaine de sa
vie où elle était auparavant liée et oppressée.
Chasser le démon n’est que la moitié du travail de délivrance. La place auparavant occupée par l’ennemi doit maintenant être remplie de l’Esprit Saint, qui est l’amour de Dieu répandu en nos coeurs.