JOUR 22 : DIRECTIVES PASTORALES (suite)
4. Les éléments essentiels du ministère de délivrance
La forme que prendra le ministère de délivrance dépend largement du contexte dans lequel il s’effectue. Lorsque c’est possible, le meilleur cadre pour procéder à la délivrance sera un endroit calme, avec le temps nécessaire pour la préparation, la conversation et la prière avec la personne affligée. Les éléments présentés ci-dessous seront le plus efficaces dans ce cadre. Dans d’autres cadres, comme par exemple au cours d’un service de guérison ou un grand rassemblement, on aura moins de temps cependant pour chacun, aussi la forme devra-t-elle être simplifiée. Le ministère de délivrance devrait pourtant dans la mesure du possible inclure les éléments suivants.
Prière
Toute délivrance devrait commencer et s’achever par une prière. Nous demanderons au Saint-Esprit d’être présent et de nous guider, de nous protéger de toute attaque maligne, de fournir la lumière nécessaire à la délivrance de la personne, de la délivrer de tout le mal qui l’oppresse et de faire déborder sur elle son amour et sa miséricorde. Nous pouvons invoquer les anges et les saints – particulièrement saint Michel – pour qu’ils nous assistent et nous gardent.
Entretien
Il est important d’interroger la personne avant d’effectuer la délivrance pour discerner les causes d’influence démoniaque ou de lien. Dans certains cas, on n’aura le temps que pour une seule conversation, alors que la délivrance est plus fructueuse lorsqu’il y en a davantage – par exemple, au cours d’une direction spirituelle régulière, une retraite orientée vers la guérison et la délivrance, ou une retraite ordinaire.
La conversation doit être détendue et mettre la personne à l’aise. Nous devons en tout temps parler avec délicatesse, douceur et respect. Avant de poser des questions, rassurons la personne en lui disant que Jésus est venu pour libérer les opprimés. Dieu a un plan merveilleux pour sa vie et trouve sa joie à l’accomplir par la puissance de la croix et de la résurrection de Jésus.
Des questions de ce type pourront être utiles :
Quels symptômes avez-vous expérimenté pour chercher la délivrance ou la guérison ?
Quand ont-ils commencé ?
Avez-vous vécu des événements douloureux ou traumatiques qui peuvent être liés avec ce que vous vivez actuellement ? Ou avez-vous vécu des relations blessantes, surtout dans votre famille d’origine ? Si c’est le cas, avez-vous pu pardonner à la ou les personne(s) qui vous ont offensés ?
Avez-vous jamais pris part à une activité occulte, même de façon innocente ?
Y a-t-il un péché dans votre vie qui peut avoir contribué à la situation ? Si c’est le cas, l’avez-vous confessé ?
Dans le cas où il y aurait un péché grave non confessé, si cela est possible, il convient que la personne aille recevoir le sacrement de réconciliation avant qu’on exerce le ministère de délivrance. Dans certains cas cependant, ce n’est qu’après avoir reçu ce ministère de délivrance que la personne pourra honnêtement reconnaître son péché et exprimer de la contrition. On effectuera un discernement au cas par cas.
Rencontre avec Jésus
La délivrance s’accompagne toujours d’une rencontre avec Jésus. On devrait tout le temps l’effectuer dans le contexte de l’évangélisation, même pour ceux qui sont déjà des catholiques pratiquants. Chacun a besoin d’entendre et de réentendre le message de salut de l’Évangile : Dieu nous a tant aimés qu’il a envoyé son Fils mourir pour nous, pour pardonner nos péchés et nous conduire à la vie éternelle. Le ministre de la délivrance devra veiller à rester en arrière-plan pour laisser au Seigneur la première place. Le but est d’amener la personne à une relation personnelle avec Jésus, étant donné que ce n’est qu’en lui que se trouve la plénitude de la liberté.
Avant que nous priions pour la délivrance, nous devrions inviter la personne à faire un acte de foi explicite envers Jésus, car la délivrance du mal est son oeuvre et non la nôtre. La victoire sur le malin, c’est lui qui l’a obtenue au prix de sa souffrance et de sa mort sur la croix. Pour être libéré par Jésus, je dois commencer par reconnaître que le Fils unique de Dieu s’est fait homme et a donné sa vie pour moi, pour mes péchés, pour mon salut. Même ceux qui ont fréquenté l’Église toute leur vie peuvent ne jamais avoir fait cet acte d’abandon au Seigneur dans la foi. Lorsque c’est le cas, c’est un moment de conversion et le début d’un long parcours à la suite de Jésus comme son disciple.
Même si la personne affligée n’est pas chrétienne, on doit l’inviter à poser un simple acte de foi en Jésus. Très souvent, l’expérience d’avoir été libérée d’un lien démoniaque par Jésus permettra à la personne d’entamer un chemin vers le christianisme. Gardons cependant toujours à l’esprit qu’une personne non baptisée n’a pas la même autorité en Christ sur les démons qu’a un baptisé, elle sera donc d’autant plus dépendante de celui qui exerce la délivrance.
Un principe général est que si la personne affligée n’est pas disposée à mettre sa foi en Jésus ou au moins à essayer de faire la démarche, nous ne devons même pas prier pour sa délivrance. Si nous le faisions, il y aurait toujours le risque de donner l’impression que la délivrance est une sorte de magie ou une activité occulte impliquant des forces spirituelles anonymes. Prononçons plutôt une simple prière de bénédiction et invitons la personne à revenir pour la délivrance lorsqu’elle choisira de croire en Jésus. Il y a bien évidemment des exceptions à cette règle, lorsqu’on se trouve dans un grand rassemblement ou lorsque la personne affligée n’est pas capable de répondre dans la foi tant qu’elle n’a pas reçu la délivrance.
Dans certaines parties du monde, de nombreux non chrétiens participent à des retraites et rassemblements charismatiques dans le but d’une délivrance. Le ministère de délivrance doit toujours être lié à l’évangélisation et être une invitation à la conversion ; le but est de conduire les personnes à la plénitude de la libération qui s’effectue dans une relation au Christ à travers la foi et le baptême.

Un principe général est que si la personne affligée n’est pas disposée à mettre sa foi en Jésus ou au moins à essayer de faire la démarche, nous ne devons même pas prier pour sa délivrance. Si nous le faisions, il y aurait toujours le risque de donner l’impression que la délivrance est une sorte de magie ou une activité occulte impliquant des forces spirituelles anonymes
Le ministère de délivrance doit toujours être lié à l’évangélisation et être une invitation à la conversion ; le but est de conduire les personnes à la plénitude de la libération qui s’effectue dans une relation au Christ à travers la foi et le baptême.
Un principe général est que si la personne affligée n’est pas disposée à mettre sa foi en Jésus ou au moins à essayer de faire la démarche, nous ne devons même pas prier pour sa délivrance. Si nous le faisions, il y aurait toujours le risque de donner l’impression que la délivrance est une sorte de magie ou une activité occulte impliquant des forces spirituelles anonymes