JOUR 19 : DIRECTIVES PASTORALES
« La foule accourait… en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris.»
Les ministères de délivrance se sont développés ces dernières années et le Seigneur a, par-là, restauré une dimension de la mission de l’Église qui avait longtemps été négligée. La délivrance d’une influence démoniaque est devenue une nouvelle fois un signe éminent accompagnant la prédication de l’Évangile, manifestant de façon visible la réalité du Royaume. Grâce à la foi et à la prière de croyants ordinaires, une foule innombrable a fait l’expérience dans son existence de la victoire du Christ sur le mal et de son pouvoir de libérer les captifs. Le ministère de délivrance est ainsi devenu une composante non négligeable de la nouvelle évangélisation.
Au fur et à mesure que le besoin de délivrance continue de se faire pressant, parmi les chrétiens comme parmi les non chrétiens, se développe aussi le besoin d’une supervision prudente de la part des pasteurs de l’Église. En accord avec l’instruction de saint Paul : « N’éteignez pas l’Esprit […] mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal », le but de cette supervision pastorale n’est pas de faire obstacle au ministère de délivrance, mais de s’assurer qu’il est exercé d’une manière responsable et en complet accord avec la foi catholique. Ce chapitre offre quelques directives générales, sans prétendre décrire ou prescrire aucune méthode de ministère de délivrance. Ces directives pourront requérir une adaptation en fonction de contextes culturels ou ecclésiaux particuliers.
1. Qui peut exercer le ministère de délivrance ?
Comme nous le précisons pages 37 et 87, la tradition scripturaire et catholique a toujours reconnu qu’une délivrance (qui était traditionnellement appelée exorcisme simple) peut être effectuée par des laïcs comme par des prêtres. Ce qui n’entraîne pas cependant que tout croyant doive être impliqué dans le ministère de délivrance. Il y a divers niveaux d’engagement dans la délivrance, et le discernement pour savoir qui peut s’y impliquer requiert sagesse pastorale et bon sens.
Auto-délivrance
La délivrance à la base consiste dans l’effort de se libérer de l’influence de Satan. Tout chrétien peut et devrait s’efforcer d’y avoir recours chaque fois qu’il est tenté ou qu’il sent qu’il est sous une forme d’influence d’un esprit impur ou de lien. Une manière simple de le faire est d’avoir recours à la prière que Jésus lui-même nous a enseignée : « Délivre-nous du mal. » Comme l’enseigne le Catéchisme, la demande du « Notre Père » est une prière de protection de Satan, le Mauvais, qui cherche à perturber et détruire l’oeuvre de salut de Dieu en Jésus-Christ. Il est bon de prier fréquemment le « Notre Père », ainsi que d’autres prières traditionnelles comme le chapelet et la prière à saint Michel archange, ainsi que des prières spontanées avec ses propres mots, parlant comme des enfants à notre Père du ciel. La prière en langues est aussi un moyen efficace de repousser l’influence des esprits mauvais. Une autre façon de combattre l’ennemi est de donner l’ordre aux démons de décamper au nom de Jésus. Ces ordres doivent être prononcés avec une confiance pleine d’assurance dans le Seigneur et doivent s’accompagner de notre prière.
La délivrance personnelle devrait toujours s’effectuer dans le contexte d’autres formes de protection du mal, y compris la pratique régulière des sacrements, la prière quotidienne et la lecture de la Parole, en rejetant toute habitude de péché, et en étant membre d’une communauté de foi chrétienne ou d’un petit groupe.
Délivrance occasionnelle pour les autres
Ensuite, la délivrance consiste à aider une autre personne à se libérer de toute influence d’un esprit impur ou lien, que ce soit par la prière adressée au Seigneur ou par des ordres directs adressés aux démons. Quiconque vit une vie chrétienne mûre peut effectuer une délivrance dans ce sens pour des membres de sa famille, des amis, des membres de son groupe de prière, ou à l’occasion pour d’autres, comme une personne qu’on évangélise. La délivrance dans ce sens est effectuée de manière informelle et devrait s’accompagner d’une explication pour permettre à l’autre personne de se rapprocher de Jésus et de placer sa confiance en lui.
La délivrance comme ministère
Enfin, certains sont appelés à la délivrance en tant que ministère, dans lequel ils pratiquent la délivrance de façon régulière et pour des individus qu’ils ne connaissent pas personnellement. Ces ministères doivent rendre compte à l’autorité de l’Église, en général soit l’ordinaire du lieu (parfois via les responsables diocésains du Renouveau charismatique catholique), soit le curé. Le fait de rendre des comptes à une autorité supérieure est un garde-fou important pour ceux qui sont impliqués dans la délivrance, comme dans tout autre ministère. La décision de s’engager dans le ministère de délivrance ne peut se prendre arbitrairement tout seul, mais uniquement sous la conduite de conseillers spirituels sages et de personnes en position d’autorité. Il est très facile d’avoir une haute opinion de ses connaissances et de ses capacités. De fait, certains de ceux qui sont les plus convaincus de devoir s’impliquer dans un ministère de délivrance sont ceux qui en sont le moins capables.
Tout ministère de délivrance devrait sonder et sélectionner les membres qui composent son équipe. Les personnes invitées à en faire partie devront rassembler les éléments suivants : maturité chrétienne sûre, santé psychologique, sainteté de vie, humilité et docilité à l’autorité ecclésiale. Elles doivent être libres de tout péché grave et de tout motif caché comme l’orgueil ou le désir d’attirer l’attention. Elles doivent être fidèles quant à la pratique régulière de la vie chrétienne, y compris la prière quotidienne et la lecture de la Parole, un recours régulier à l’Eucharistie et au sacrement de réconciliation, et la croissance en vertu. En plus de leur référence au responsable du ministère, ils devraient aussi être suivis par un directeur spirituel ou un groupe chrétien de partage qui sera honnête en les appelant à la tâche si nécessaire. Enfin, avant d’exercer le ministère de délivrance eux-mêmes, ils devraient recevoir une formation et acquérir de l’expérience avec l’aide d’autres personnes plus expérimentées.
La tradition catholique reconnaît que certaines personnes, hommes et femmes, ont un charisme particulier de délivrance ou d’exorcisme. Ce don est souvent compris comme une forme du charisme des « oeuvres bonnes » mentionné par Paul. Il est souvent accompagné du charisme de discernement des esprits qui donne à une personne une intuition particulière sur le type de démons qui sont à l’oeuvre dans telle situation et comment s’en occuper. Les laïcs qui ont ces charismes sont souvent invités par des exorcistes diocésains à collaborer au ministère d’exorcisme comme à la délivrance – exemple de collaboration fructueuse entre clergé et laïcs. Bien que ce charisme ne soit pas indispensable pour le ministère de délivrance (de la même façon qu’une personne n’a pas besoin d’avoir un charisme de guérison pour prier pour la guérison), les personnes qui en sont dotées seront particulièrement efficaces dans ce ministère. Souvent le charisme surgira et se développera précisément par la pratique.
Tout ministère de délivrance doit s’assurer que les membres de l’équipe reçoivent la formation nécessaire et une supervision continue. De temps en temps les responsables veilleront à chercher des retours de la part de ceux qui ont fait l’objet du ministère, pour savoir si cela les a aidés et s’ils ont été traités avec amour et respect.

Tout ministère de délivrance doit s’assurer que les membres de l’équipe reçoivent la formation nécessaire et une supervision continue. De temps en temps les responsables veilleront à chercher des retours de la part de ceux qui ont fait l’objet du ministère, pour savoir si cela les a aidés et s’ils ont été traités avec amour et respect.
Il y a divers niveaux d’engagement dans la délivrance, et le discernement pour savoir qui peut s’y impliquer requiert sagesse pastorale et bon sens.
-Auto-délivrance
-Délivrance occasionnelle pour les autres
-La délivrance comme ministère
Enfin, certains sont appelés à la délivrance en tant que ministère, dans lequel ils pratiquent la délivrance de façon régulière et pour des individus qu’ils ne connaissent pas personnellement. Ces ministères doivent rendre compte à l’autorité de l’Église, en général soit l’ordinaire du lieu (parfois via les responsables diocésains du Renouveau charismatique catholique), soit le curé