JOUR 26 : PASTORALES (suite)
6. Que doit-on éviter dans le ministère de délivrance ?
En partie la raison pour laquelle tous ne sont pas appelés à un ministère de délivrance s’explique à cause des nombreux pièges dans lesquels il est possible de tomber. Ces erreurs peuvent faire beaucoup de mal à la personne qui reçoit le ministère ainsi qu’au ministre de la délivrance lui-même. Ce n’est pas une raison pour avoir peur, mais pour être « sobres, [et] veiller : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer303 ». La liste qui suit, sans être exhaustive, explique quelques-unes des fautes les plus graves à éviter.
Le manque de discernement
– Prendre des causes naturelles pour une influence démoniaque. De même qu’Ève a cherché à couvrir son péché en accusant le serpent, la personne atteinte peut être tentée de rejeter ses problèmes sur le diable plutôt que d’en prendre la responsabilité elle-même. De même le ministre de la délivrance peut être tenté d’exercer le ministère sans discerner les facteurs humains en jeu, que ce soit le péché, des blessures intérieures ou des problèmes psychologiques ou émotionnels.
– Se lancer avec des risques. Ce serait folie que de tenter une délivrance sans avoir auparavant discerné si le cas ne concerne pas une oppression démoniaque plus sévère que ce que nous pourrons traiter. Si nous découvrons qu’une situation de fait dépasse nos compétences, nous pouvons prononcer une simple prière de bénédiction et aiguiller la personne vers quelqu’un de plus compétent et expérimenté. Si nous ne sommes pas sûrs, imposons les mains à la personne, prions en langues et demandons à l’Esprit Saint de nous conduire. Il vaut mieux pécher par excès de prudence. Il peut cependant y avoir des moments où le Seigneur accorde une grâce particulière pour une situation « d’urgence », quand il n’y a personne d’autre pour venir au secours de la personne affligée.
La délivrance pour son propre intérêt
– La promotion personnelle. Dans tout effort spirituel se trouve toujours le danger d’être motivé même de façon très subtile par un désir d’importance, de reconnaissance ou d’estime humaine. Il peut y avoir un « besoin d’être indispensable ». Ou il peut y avoir un désir de puissance. Jésus a prévenu ses disciples de ne pas se prévaloir de l’autorité qu’ils ont sur les esprits mauvais, mais plutôt du fait qu’ils lui appartiennent. C’est pour cela que ceux qui sont dans le ministère de délivrance doivent prier pour la grâce d’humilité et de pureté de coeur, faire un examen de conscience régulier, aller se confesser fréquemment et partager régulièrement avec un bon directeur spirituel ou un groupe de partage chrétien. – Se faire payer pour un ministère de délivrance. Jésus a dit à ses disciples : « Guérissez les malades, […] expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » L’Écriture est très sévère dans ses jugements contre quiconque cherche à acheter ou vendre des bénéfices spirituels qui sont en fait des dons gratuits de Dieu. Parmi ceux qui ont succombé à cette tentation on trouve Guéhazi le serviteur d’Élisée et Simon le magicien. Par contre, il n’y a aucun mal à demander aux gens de faire des offrandes libres, en particulier pour soutenir ceux qui travaillent à plein-temps dans le ministère de délivrance. Il est tout aussi normal de faire payer des frais pour un rassemblement, des ateliers, des livres et du matériel de formation. Mais les finances ne devraient jamais être une condition pour exercer ou non le ministère envers une personne.
Céder du terrain aux démons
– Se concentrer de manière excessive sur le diabolique. Les démons ont des tactiques illimitées pour détourner notre attention vers un domaine malsain et diabolique, qui peut au mieux être une distraction et au pire être dangereux spirituellement. Nous devons être vigilants quant à ces tactiques et nous assurer que nous restons fixés sur Dieu et sur la personne qui va recevoir le ministère. Il est important de ne pas se laisser motiver par la curiosité ou d’écouter des détails qui ne sont pas nécessaires pour la prière. L’ennemi veut mettre dans notre imagination et notre mémoire des images du diable que nous ne devons pas entretenir.
– Dialoguer avec les démons. L’enseignement de l’Église contient des avertissements très clairs contre toute forme de conversation avec les démons, y compris le fait de leur poser des questions, d’essayer d’obtenir des renseignements de leur part ou de leur demander des faveurs. Nos seules interactions avec les démons doivent se limiter à leur donner des ordres simples, à les lier, à leur intimer le silence ou à les expulser. Si un démon nous raille, nous menace ou cherche d’une quelconque manière à attirer notre attention, ignorons-le et adressons-nous à la personne que nous avons en face de nous. Il y a des exceptions pour les exorcistes dûment autorisés qui peuvent, eux, poser des questions aux démons, mais ces exceptions ne s’appliquent pas au ministère de délivrance.
– Pratiques superstitieuses. Il va sans dire qu’il n’y a aucune place pour des pratiques occultes ou superstitieuses dans le ministère de délivrance. Ce qui inclut par exemple le fait de se servir d’objets occultes, de dire à un démon de se déplacer dans une personne sainte ou un objet particulier, ou de dire à la personne affligée qu’elle doit faire telle ou telle action spécifique si elle veut être délivrée. Bien qu’il soit important d’avoir une connaissance approfondie de la bonne pratique, on n’effectue pas une délivrance grâce à des techniques ou des méthodes en soi, mais plutôt par l’autorité de Jésus-Christ par notre foi en lui.
– Sensationnalisme. On n’encouragera pas le ministère de délivrance par des mises en scène théâtrales ou du sensationnalisme qui ne servent qu’à déplacer l’attention vers les démons. Quand Jésus voit la foule s’attrouper autour d’un jeune garçon épileptique qui avait un mauvais esprit, il expulse le démon par une simple parole de commandement, évitant par-là la possibilité d’un spectacle public aux dépens du jeune garçon affligé.

Nos seules interactions avec les démons doivent se limiter à leur donner des ordres simples, à les lier, à leur intimer le silence ou à les expulser. Si un démon nous raille, nous menace ou cherche d’une quelconque manière à attirer notre attention, ignorons-le et adressons-nous à la personne que nous avons en face de nous. Il y a des exceptions pour les exorcistes dûment autorisés qui peuvent, eux, poser des questions aux démons, mais ces exceptions ne s’appliquent pas au ministère de délivrance.
Le ministre de la délivrance devra veiller à corriger cette mentalité dans la mesure du possible, expliquant qu’une délivrance ne peut jamais durer ni être pleinement accomplie sans une conversion au Christ et sans qu’on se laisse emplir par l’Esprit Saint.
Il va sans dire qu’il n’y a aucune place pour des pratiques occultes ou superstitieuses dans le ministère de délivrance.