JOUR 10 : REVÊTUS DE PUISSANCE (suite)
Des dons pour l’évangélisation
C’est dans le contexte de l’évangélisation, plus que dans tout autre domaine de la vie de l’Église, que les dons spirituels abondaient. Un laïc du nom de Grégoire, qui devint connu sous le surnom de Faiseur de miracles, « fit de nombreux miracles, guérissant les malades et chassant les démons… au point que les païens n’étaient pas moins attirés à la foi par ses actes que par ses enseignements190 ». Quand Grégoire part vivre à Néo Césarée191, il n’y a que dix-sept chrétiens. Au moment de sa mort, il ne restait
plus que dix-sept non-chrétiens dans la ville ! Saint Basile écrit de lui :
« Grâce à l’aide du Saint-Esprit, le pouvoir qu’il avait sur les démons était incroyable… Il commandait même – au nom du Christ tout-puissant – aux rivières de changer leur cours, si bien qu’un lac s’assécha – à la grande colère de quelques frères avides. Ses prédictions n’avaient rien à envier à celles des plus grands prophètes192. »
Saint Patrick, apôtre de l’Irlande, était connu pour ses dons extraordinaires. À son arrivée dans l’île, c’était un jeune adolescent qui avait été enlevé à sa Bretagne natale et vendu comme esclave. Bien qu’il eût été jusque-là un piètre chrétien, tiède, il priait sans cesse et devint fervent dans sa foi. Il s’enfuit d’Irlande sur l’ordre du Seigneur dans un songe. Des années plus tard, il reçut une vision de nuit dans laquelle il vit un homme, Victor, qui arrivait d’Irlande avec un paquet de lettres. Au moment même où il lisait les premiers mots de l’une de ces lettres, il entendit de nombreuses voix irlandaises crier : « Nous te le demandons, jeune homme, reviens parmi nous. » Touché au cœur, et pour obéir à la vision reçue, il repartit en Irlande, cette fois pour prêcher l’Évangile aux païens irlandais. Des centaines de guérisons, des résurrections et toutes sortes de miracles lui sont attribuées. Bien que, dans ce cas, il soit difficile de séparer les faits de la légende, il est certain que les miracles opérés par Patrick contribuèrent grandement à l’extraordinaire et rapide conversion de toute l’île au christianisme. Saint Augustin de Canterbury, apôtre du sixième siècle auprès des
Saint Augustin de Canterbury, apôtre du sixième siècle auprès des Anglais, est considéré de la même façon comme ayant opéré de nombreux miracles.
Les langues
On considère souvent que le don des langues cessa après la période du Nouveau Testament, étant donné que les pères de l’Église n’en parlaient que rarement. Mais, de fait, le don se perpétue, sous un autre nom : la « jubilation ». Les pères de l’Église emploient le terme « langues » pour nommer ce don manifesté à la Pentecôte, lorsque la foule entend miraculeusement les Apôtres parler dans leur propre langue193. Par ailleurs, la jubilation faisait référence à la version de ce don que Paul décrit dans 1 Corinthiens 12-14 : une louange joyeuse de Dieu qui déborde à haute voix dans un langage incompréhensible. Saint Augustin décrit ainsi la jubilation :
« Jubiler, ce n’est point parler, c’est exhaler sans paroles un cri de joie : c’est la voix d’une âme dont la joie est à son comble, qui exhale autant que possible ce qu’elle ressent, mais ne comprenant point ce qu’elle dit dans les transports de son allégresse, l’homme, après des paroles indicibles et inintelligibles, exhale sa joie en cris inarticulés : en sorte que l’on comprend à la vérité sa joie dans ses cris, mais qu’il ne saurait exprimer en paroles cette joie excessive194. »
Augustin encourage l’assemblée à jubiler et à ne pas cesser de louer Dieu simplement parce qu’elle ne trouve pas les mots justes :
« Réjouissez-vous et parlez. Si la parole ne peut exprimer votre joie, soyez dans la jubilation, que cette jubilation exprime ce que la parole ne saurait exprimer. Que cette joie cependant ne soit point muette195. »
Le pape saint Grégoire le Grand ajoute que cette louange peut aussi s’exprimer par des gestes :
« Ce que nous nommons jubilation est une joie inexprimable que l’on ne peut ni cacher, ni exprimer par des mots. Elle peut cependant se manifester par certains gestes196. »
Au cours de la liturgie ancienne, l’assemblée jubilait souvent ensemble et chantait des mélodies spontanées sous l’inspiration du Saint-Esprit. Saint Jean Chrysostome écrit :
« Bien qu’hommes et femmes, jeunes et vieux, soient différents, quand ils chantent des hymnes ensemble, leurs voix sont influencées par le Saint-Esprit de manière à ce que la mélodie semble être chantée par une seule et unique voix197. »
Saint Jean Cassien, moine du cinquième siècle, relate que, parfois, un moine peut être si rempli « d’un délice inexprimable et d’une ardeur d’esprit » qu’il explose en cris de joie incontrôlables tels qu’il les fait arriver jusqu’aux cellules voisines de ses frères. À d’autres moments, le Saint-Esprit peut apporter un profond silence, si bien que « l’esprit impressionné garde tous ses sentiments pour lui-même ou les perd et il n’a plus, pour élever ses désirs vers Dieu, que des gémissements inénarrables198 ».
Dans les siècles qui suivent l’ère patristique, l’usage des dons spirituels décline, bien qu’ils n’aient pas complètement disparu de la vie de l’Église. Il y a plusieurs raisons à ce déclin. D’abord, la légalisation du christianisme au cours du quatrième siècle entraîne qu’il est désormais sûr et parfois même socialement avantageux de devenir chrétien. Cette nouvelle situation conduit à un large apport de convertis n’ayant pas tous la même sincérité ni la même ferveur que les premières générations. En conséquence, le niveau de la préparation au baptême baisse. Il n’est plus courant d’attendre les dons surnaturels comme étant une conséquence normale de l’onction de l’Esprit Saint lors du baptême. De plus, davantage de chrétiens sont baptisés enfants, avec le risque qu’une fois arrivés à l’âge adulte, ils ne s’approprient pas personnellement la vie nouvelle reçue ou ne développent pas une foi vivante en Christ.
Ensuite, le mouvement montaniste, qui met un accent exagéré sur la prophétie, conduit à une réaction vive contre toute manifestation charismatique. Les montanistes font d’étranges déclarations prophétiques et considèrent qu’ils ont une autorité plus grande que les évêques. En conséquence, le mouvement finit par être considéré comme hérétique et de nombreux responsables d’Église se lassent des charismes en général.
Troisièmement, certains chrétiens sont influencés par des courants de pensée tendant à dénigrer le corps. Au lieu de le considérer comme fondamentalement bon puisque c’est Dieu qui l’a créé, comme l’Écriture nous l’enseigne, ils le considèrent comme une sorte de prison alourdissant l’âme. Ce dualisme corps-âme conduit de nombreux chrétiens à minimiser les guérisons physiques et à mettre plutôt l’accent sur l’ascétisme et de sérieuses mortifications du corps.
Enfin, on voit une tendance croissante à identifier dons charismatiques avec une sainteté particulière, bien au-delà de ce à quoi les chrétiens ordinaires peuvent prétendre. Les dons exprimés au cours des premiers siècles deviennent progressivement associés à des moines ou religieuses menant une vie de stricte ascèse. En conséquence, on finit par considérer que c’est un signe de présomption et d’orgueil pour les laïcs que de rechercher les dons spirituels.
Pour toutes ces raisons, les charismes se font moins évidents au cours des siècles. Guérisons, miracles, prophéties et autres manifestations surnaturelles continuent de se produire effectivement, particulièrement dans la vie de saints catholiques comme François d’Assise, Gertrude la Grande, Catherine de Sienne, Vincent Ferrier, François-Xavier, Thérèse d’Avila, Jean-Marie Vianney, Jean Bosco, Padre Pio de Pietrelcina et plusieurs autres.
De nombreux protestants ont des ministères de guérison avant le vingtième siècle. Au cours du dix-septième siècle, George Fox, fondateur de la « Société religieuse des Amis » (Quakers), comptait cent cinquante guérisons à son actif. Le mouvement des Frères au
on. Le dix-neuvième siècle est rempli de guérisons. Le luthérien allemand Johann Blumhardt fait l’expérience de guérisons et délivrances, de même que Dorothée Trudel, Samuel Zeller et Otto Stockmayer en Suisse. Les principaux leaders aux États-Unis comptent Ethan O. Allen, Elizabeth Mix, Charles Cullis, William Broadman, A. J. Gordon, R. L. Stanton, A. B. Simpson et Carrie Judd Montgomery. En fait, on assiste avant le vingtième siècle à une explosion de protestants ayant des ministères de guérison ; les autres noms importants sont, en Angleterre, Charles H. Spurgeon et, en Afrique du Sud, Andrew Murray199.
Ce type de guérisons n’était plus du tout courant dans la vie des chrétiens ordinaires comme il l’avait été dans l’Église primitive. C’est-à-dire jusqu’à récemment… Au cours du prochain chapitre, nous étudierons la résurgence extraordinaire du feu pentecostal de l’Esprit Saint qui s’est manifesté au cours du siècle passé. Mais d’abord, jetons un œil pour voir comment devenir sobrement ivres.
La sobre ivresse de l’Esprit
Lorsque le Saint-Esprit intervient avec puissance dans la vie d’une personne, la manifestation des charismes n’est pas le seul fruit. La personne fait souvent l’expérience d’être submergée par la puissance et l’amour de Dieu au point de commencer à sentir, agir, comme ivre – elle a « perdu la tête200 ». C’est ce qui se passe le jour de la Pentecôte, lorsque quelques badauds sceptiques, en
voyant la conduite des disciples, apportent la seule explication qui leur semble plausible : « Ils sont pleins de vin nouveau201 ! » Étonnamment, il y a quelque chose de vrai dans ce commentaire méprisant. Pour les prophètes, le « vin nouveau » était l’image de l’abondance de vie divine que Dieu allait répandre à la venue du Messie :
« Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où […] les montagnes laisseront couler le vin nouveau, toutes les collines en seront ruisselantes202. »
C’est à la Pentecôte que ce « vin nouveau » de l’Esprit se manifeste !
Les pères de l’Église étaient bien conscients de ce paradoxe et ils aimaient le commenter. Saint Ambroise de Milan écrit dans l’une de ses hymnes : « Buvons avec joie la sobre ivresse de l’Esprit203 ! » Saint Cyrille de Jérusalem explique aux catéchumènes se préparant au baptême :
« S’ils [les disciples à la Pentecôte] sont ivres, ce n’est pas dans le sens où vous le prenez. Ils sont ivres d’une sobre ivresse qui tue le péché et vivifie le cœur, d’une ivresse opposée à celle du corps. L’ivresse fait oublier à la personne ceux qu’elle connaît ; dans ce type d’ivresse, elle comprend des choses qu’elle ne connaissait pas formellement. Ils sont ivres d’avoir bu le vin de la vigne mystique qui dit : “Je suis la vigne, vous êtes les sarments.”204 »
Saint Augustin ajoute :
et il t’a enivré. Qu’il puisse t’enivrer vraiment ! L’Apôtre dit : “Ne vous enivrez pas de vin, car il porte à la débauche.” Puis, comme pour clarifier ce par quoi nous devons nous laisser enivrer, il ajoute : “Soyez plutôt remplis de l’Esprit Saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur205.” Une personne qui se réjouit dans le Seigneur et chante de tout son cœur ne ressemble-t-elle pas à quelqu’un qui est ivre ? J’aime ce genre d’intoxication. L’Esprit de Dieu est à la fois boisson et lumière. »
Dans l’histoire de l’Église, on considérait comme acquis que recevoir l’Esprit Saint était un fait d’expérience, comme cela avait été le cas pour les premiers chrétiens dans les Actes – et non quelque chose qu’on acceptait simplement par la foi. Augustin dit dans l’un de ses sermons :
« Rendons grâce au Seigneur notre Dieu et louons par vagues ce Dieu à qui des chants de louange sont dus en Sion. Grâces soient rendues à celui que nous célébrons avec des voix et des cœurs reconnaissants. Dieu, qui est comme toi ? Car nous sentons ton amour saint profondément niché en vos cœurs, parce que vous le craignez comme votre Seigneur, vous l’aimez comme votre Père. Grâces soient rendues à celui que l’on désire avant de l’avoir vu et dont nous sentons la présence206… »
Au treizième siècle, saint Thomas d’Aquin est considéré – à juste titre – comme un homme intellectuel, maître à la pensée logique et aux distinctions claires. Mais peu réalisent que Thomas était aussi
un homme ivre de l’amour de Dieu. Thomas, le même qui écrit la Somme théologique, écrit ceci :
« Le renouvellement spirituel consiste en deux choses : les dons de Dieu et sa douceur. En référence aux premiers, l’Écriture dit : “Ils s’enivrent de l’abondance de ta maison.” (Ps 36, 9) La maison, c’est l’Église (1 Tm 3, 15). […] « Ils s’enivrent » dans la mesure où leurs désirs sont exaucés au-delà de toute notion de mérite, puisque l’ivresse est une sorte d’excès. […] Ceux qui sont ivres ne sont pas au-dedans, mais en dehors d’eux-mêmes. Aussi ceux qui sont remplis des dons spirituels ont-ils toute leur attention tournée vers Dieu. Et ils sont renouvelés, pas seulement par ces dons, mais aussi par l’amour de Dieu… Et tu les feras boire au torrent de leur délice. C’est l’amour de l’Esprit Saint qui entraîne une force dans l’âme comme un torrent. Et c’est un torrent de délice parce qu’il entraîne plaisir et douceur dans l’âme207. »
Le bienheureux Jean de Ruysbroeck, mystique néerlandais du quatorzième siècle, décrit les effets étonnants de cette ivresse spirituelle :
« L’ivresse spirituelle produit maints étranges effets. Tandis que les uns chantent et louent Dieu par excès de joie, les autres répandent d’abondantes larmes dans la grande allégresse de leur cœur. Chez celui-ci, se manifeste une agitation de tous les membres qui le force à courir, à sauter, à danser ; chez celui-là, l’ivresse est si grande qu’elle lui fait frapper des mains et applaudir. L’un crie à haute voix et manifeste ainsi la surabondance qu’il ressent à l’intérieur ; l’autre au contraire se tait, se fondant dans les délices qu’il éprouve en tout lui-même. […] Et parfois, les délices sont si grandes que le cœur pense se rompre208. »
sobre ivresse de l’Esprit s’expérimente souvent comme un phénomène collectif plutôt qu’une expérience individuelle. Au Moyen Âge, lorsque les frères franciscains et dominicains allaient de ville en ville pour prêcher, il y eut des réveils incluant des processions avec des bannières, des torches et une louange de jubilation vers Dieu. Un chroniqueur franciscain du treizième siècle donne un récit de ces réveils :
« C’était un moment de gaieté et d’allégresse, de joie et d’exultation, de louange et de jubilation. Et tout du long, des hommes de toute sorte chantaient des chants de louange au Seigneur… Jeunes et vieux étaient unis. Toutes les villes en Italie firent cette même expérience de se tourner vers Dieu, et depuis les villages jusqu’aux villes, une grande multitude de gens, hommes et femmes, garçons et filles ensemble, venaient avec leurs bannières entendre la prédication et louer Dieu. Les chants qu’ils chantaient étaient de Dieu, non de l’homme, et ils marchaient tous sur le chemin du salut… On entendait des prédications le soir, le matin et le midi… Les hommes prenaient leur place dans les églises et au dehors et élevaient leurs mains vers Dieu, pour le louer et le bénir à jamais. Ils espéraient ne pas avoir à cesser de louer Dieu, car ils étaient si ivres de son amour209. »
Randy : Lorsque j’étudiais au séminaire, le Dr Lewis Drummond me parla du grand réveil de Shantung, à la mission de Chine du Nord, lors de la convention baptiste en 1932. Je n’avais jamais entendu parler de ce réveil jusqu’à ma lecture du livre Le réveil de Shantung, que je décidai plus tard de réimprimer210. Au printemps 1994, pendant plusieurs semaines, je me sentis comme régulièrement poussé à chercher et lire tout ce qui avait été écrit sur ce réveil qui me captivait et qui s’était produit parmi des missionnaires baptistes. Le récit montre clairement que ce réveil a commencé chez les leaders qui étaient fatigués et découragés. Ils admirent alors qu’ils avaient besoin de plus et découvrirent que certains parmi leurs leaders n’avaient même pas fait l’expérience d’une nouvelle naissance. L’accent de ce réveil était mis sur l’étude de la Bible, surtout ce qui touche au Saint-Esprit et au baptême de l’Esprit Saint, et sur la certitude que chacun était né de nouveau. En lisant ce livre, je retrouvai tout ce qui se passait dans le cadre de la « bénédiction de Toronto » et autres réveils au long de l’Histoire – les tremblements, les chutes, les larmes, les rires. En effet, tout cela semble se produire là où les gens cherchent la plénitude de l’Esprit Saint et désirent Dieu de toutes leurs forces, avec sa puissance de salut.
Simple précision, la « bénédiction de Toronto » a été le réveil de la plus longue durée dans toute l’Histoire de l’Amérique du Nord. Elle a eu une influence sur des milliers d’églises et des millions de croyants. Largement plus de vingt mille églises ont été créées à la suite de vies touchées par la « bénédiction de Toronto » et plus de quatre millions de personnes se sont converties au cours des vingt-cinq premières années de ce réveil qui a démarré en janvier 1994, lorsque je suis allé à l’église de la Vigne de l’aéroport de Toronto pour prêcher seulement quatre soirs. En 1994, je rencontrai un évangéliste à Toronto qui était allé visiter un groupe de personnes dans l’extrémité est de la Russie. Il avait évangélisé et laissé aux habitants des exemplaires du Nouveau Testament dans leur dialecte. Lorsqu’il y retourna, il rencontra des personnes qui semblaient ivres de l’Esprit. Lorsqu’il leur demanda qui était allé à Toronto, les fidèles lui répondirent qu’ils n’en avaient jamais entendu parler. Ils lui expliquèrent qu’ils avaient lu les Actes au chapitre 2. Tout cela avait lieu en janvier 1994, au cours du même mois que l’effusion de Toronto.
En une autre occasion, je rencontrai le pasteur David Hogan du Mexique. Dans les montagnes du sud du pays, il accompagnait des Amérindiens illettrés et vivant sans électricité et sans radio. Leur culture leur interdisait de manifester leurs émotions – pas de joie au cours des mariages, ni de chagrin au cours des enterrements. Et, cependant, un jour qu’il leur rendait visite, il les trouva en train de rire et de se conduire comme s’ils étaient saouls, dans la puissance de l’Esprit Saint. David avait appris ce qui se passait à Toronto et il comprit alors que le Seigneur répandait son Esprit aussi au Mexique, sur ce peuple isolé, illettré, qui n’avait aucun moyen de savoir ce que Dieu accomplissait dans d’autres parties du monde. Cet événement au sud du Mexique eut lieu également au cours des premiers mois de 1994, au moment des débuts de l’effusion de Toronto.
Plus tard, j’entendis le témoignage de Dennis Balcomb, missionnaire et leader apostolique en Chine. Il me raconta que le même phénomène – des croyants semblant ivres – s’était produit en janvier 1994 dans ce qui était alors la province de Shantung en Chine. Ce groupe d’individus, comme les Indiens du sud du Mexique et le groupe de personnes en Russie, n’avaient aucune connaissance de ce que le Seigneur faisait à Toronto. Toutes ces expériences étaient des visites souveraines du Saint-Esprit, comme cela s’était produit lors de la Pentecôte.
Nous venons de voir comment les dons de l’Esprit se manifestaient au temps des Apôtres et à l’époque des pères de l’Église. Nous avons entendu parler de grands hommes de foi comme Cyrille de Jérusalem, Augustin, Thomas d’Aquin et d’autres qui savaient ce que cela signifiait d’être sobrement ivres de la puissance et de l’amour de Dieu. Au cours du prochain chapitre, nous nous attacherons davantage à ce qui se passe plus près de nous, en tournant notre attention vers la résurgence extraordinaire du feu de la Pentecôte de l’Esprit Saint au cours du siècle dernier – le feu sur la terre !

L’Esprit de Dieu est à la fois boisson et lumière. »
Lorsque le Saint-Esprit intervient avec puissance dans la vie d’une personne, la manifestation des charismes n’est pas le seul fruit. La personne fait souvent l’expérience d’être submergée par la puissance et l’amour de Dieu au point de commencer à sentir, agir, comme ivre
“Ne vous enivrez pas de vin, car il porte à la débauche.”
“Soyez plutôt remplis de l’Esprit Saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur205.” Une personne qui se réjouit dans le Seigneur et chante de tout son cœur ne ressemble-t-elle pas à quelqu’un qui est ivre ? J’aime ce genre d’intoxication. L’Esprit de Dieu est à la fois boisson et lumière. »
Lorsque le saint Esprit intervient avec puissance dans la vie d’une personne,la manifestation des charismes n’est pas le seul fruit. La personne fait souvent l’expérience d’être submergée par la puissance et l’amour de Dieu au point de commencer à sentir,agir comme ivre.
Les dons et manifestations spirituelles d’aujourd’hui marquent un retour à la vie chrétienne primitive : évangélisation avec puissance, louange vivante, unité dans l’Esprit.
L’Esprit de Dieu est à la fois boisson et lumière
C’est l’amour de l’ Esprit-Saint qui entraîne une force dans l’ âme comme un torrent. Et c’est un torrent de délice parce qu’il plaisir et douceur dans l’ âme.
Les dons spirituels ont toujours été essentiels à la mission de l’Église, particulièrement dans l’évangélisation. De Grégoire le Thaumaturge à Saint Patrick, les miracles, guérisons, prophéties et autres signes ont marqué la progression du christianisme. Même lorsque leur usage a décliné après les premiers siècles, ces dons n’ont jamais totalement disparu, restant visibles chez de nombreux saints et réformateurs
Les dons spirituels ont toujours été essentiels à la mission de l’Église, particulièrement dans l’évangélisation. De Grégoire le Thaumaturge à Saint Patrick, les miracles, guérisons, prophéties et autres signes ont marqué la progression du christianisme. Même lorsque leur usage a décliné après les premiers siècles, ces dons n’ont jamais totalement disparu, restant visibles chez de nombreux saints et réformateurs